jeudi 31 décembre 2009

dimanche 20 décembre 2009

LES CHATEAUX OU VECUT LA MARQUISE DE POMPADOUR



La Marquise de Pompadour

Elle résida ou posséda les châteaux et demeures suivantes :

* Château de Versailles
* Château d'Étiolles
* Château de Pompadour en Corrèze, vendu en 1760 - EXISTE ENCORE
* Château de Choisy Val-de-Marne, à partir de 1746 - DISPARU
* Château de Crécy Couvé de 1746 à 1757 - DISPARU
* Château de Montretout (surnommé Tretout) à Saint-Cloud jusqu’en 1748 - DEMONTE PAR LES POZZO DI BORGO POUR EN FAIRE LE CHATEAU DE DANGU
* Château de la Celle ou Petit Château à La Celle Saint-Cloud de 1748 à 1750 - MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES
* Château de Bellevue à Meudon qu’elle fit construire, achevé en 1750 - DISPARU
* Hôtel des Réservoirs à Versailles en 1751 - TRANSFORME EN HOTEL
* Pavillon de l'Hermitage à Fontainebleau avec des jardins dessinés par Lassurance à partir de 1754 - EXISTE ENCORE (lien)
* Hôtel d’Évreux (ACTUEL PALAIS DE L'ELYSEE)
* Château de Menars (Loir-et-Cher) - EXISTE ENCORE
* Château de Champs-sur-Marne ; en 1757, madame de Pompadour devient locataire de Champs, elle y restera dix-huit mois - EXISTE ENCORE

En 1762, sous l’impulsion de la marquise, Louis XV ordonna la construction d’un nouveau Trianon dans le parc de Versailles. Madame de Pompadour surpervisa elle-même les plans et la construction de ce qui allait devenir le Petit Trianon et devait être sa future résidence à la cour. Mais son décès en 1764 ne lui permit pas d’assister à l’achèvement de son œuvre et ce fut la nouvelle favorite du roi, Madame du Barry, qui l’inaugura à ses côtés et s’y installa.

CHATEAU DE LONGCHAMPS : DEMEURE DE FRANCOIS COTY

Le moulin de l'hippodrome de Longchamp est aussi connu sous le nom de Moulin de Rouvray. Il fut construit en 1312 au sein de l'abbaye de Longchamp, fondée en 1255 par Isabelle de France, fille du roi Louis VIII et soeur de Saint-Louis.
Ce moulin sur pivot tournait pour moudre le grain de la communauté.
En 1792, les religieuses furent expulsées et les bâtiments vendus.
L'abbaye fut détruite en 1795 mais le moulin fut conservé.
Il resta en activité jusqu'en 1809, servant à pomper l'eau du lac inférieur pour l'amener au lac supérieur.
Au XIXème siècle le moulin-pivot est remplacé par un moulin-tour en pierre.
Sa nouvelle mission : servir de décor à l'hippodrome de Longchamp, inauguré en 1857.

Au cœur du bois de Boulogne, juste au nord de l’hippodrome de Longchamp, isolé par une petite rivière de la route des Lacs à Passy, se dresse un château de pierre blanche, au fronton classique. La façade sud, la plus visible, paraît soigneusement close. La façade arrière laisse toutefois pénétrer les visiteurs sans leur demander beaucoup d’efforts. Cependant, il faut au moins l’enthousiasme des néophytes en exploration urbaine pour se passionner en visitant cette bâtisse récente aux pièces banales et décorées sans âme. En revanche, juste à l’ouest se dresse une curieuse tour qu’on pourrait croire médiévale, couronnée d’un crénelage qu’on n’était plus habitué à voir dans Paris depuis la destruction de la Bastille. Quelle est donc l’histoire de ce bizarre apparentement ?

Fondée au XIIIe siècle, l’abbaye royale de Longchamp englobait un large terrain s’étendant de la Seine à, grosso modo, la limite actuelle de Paris, terrain où s’éparpillaient les bâtiments conventuels, leurs annexes et dépendances et, entre autres, un pigeonnier. Abandonnée par force en 1792, ne trouvant pas d’acquéreur, l’ancienne abbaye fut détruite deux ans plus tard, à l’exception du pigeonnier. Vers 1855 Napoléon III offrit le terrain qui nous occupe à son préfet favori, le baron Haussmann, qui fit pendant treize ans sa résidence d’été du château dont il confia la construction à Davioud (l’un de ses principaux collaborateurs). Ce bâtiment, constitué d’un pavillon de deux étages sommé d’un attique et flanqué de deux ailes basses en terrasse, n’avait pas de rapport avec le château que nous voyons à présent. Gravement délabré (car, selon l’expertise de Formigé datée de 1899, c’était vraiment pas construit pour durer) mais tout de même restauré vers 1910, il passa dans les mains du parfumeur François Sportuno, bien plus connu sous le nom de Coty, qui entre les deux guerres l’abattit pour commencer la construction de la grosse villa que nous connaissons. Finalement achevé au début des années 50 pour héberger le Centre international de l’enfance qui y aménagea salles de réunions, bureaux et locaux d’archives, il l’abrita jusqu’aux années 90 avant un nouvel abandon. A présent le nouveau propriétaire, le WWF, occupe les lieux et, qu'il en soit remercié, songe à une restauration sérieuse.

LE BOIS DE BOULOGNE ET BAGATELLE SOUS LA NEIGE



mercredi 16 décembre 2009

VOYAGE "CHATEAUX ET JARDINS AUTOUR DE PARIS" : LE CHATEAU DE ROSNY


Le Château de Rosny

(a l'arrière plan du tableau on distingue le château de Rosny)
La duchesse de Berry eut un fils (Henri V) et une fille, arrière-arrière grand-mère du Grand Duc de Luxembourg.

- Henri d'Artois, (dit "Henri V"). À sa naissance et jusqu'à l'abdication de son grand-père, il est titré duc de Bordeaux. Puis, en exil, il prend le titre de courtoisie de « comte de Chambord », du nom du château qui lui avait été offert par une souscription nationale.

- Un descendant de Charles X règne de nos jours : le grand-duc Henri de Luxembourg; son grand-père, Félix de Bourbon-Parme, époux de Charlotte de Luxembourg, a pour grand-mèreLouise d'Artois, fille du duc de Berry et petite-fille de Charles X.

Charles X eut deux fils :

- Louis Antoine, duc d'Angoulême (dit "Louis XIX"), timide et souffrant de problèmes d’impuissance et de tics nerveux.

- Charles Ferdinand, duc de Berry, qui lui ressemble beaucoup, au physique comme au moral.


Marie Caroline Ferdinande Louise de Bourbon est née à Caserte en 1798. En 1799 la famille royale s'ést réfugiée a` Palerme - sous protection britannique - après l’invasion de ses États par l'armée française. Elle était la fille de François Ier, roi des Deux-Siciles (1777-1830), et de Marie-Clémentine d'Autriche (1777-1801), fille de l'empereur Léopold II.
Elle aimait s'éloigner assez souvent de la capitale, et elle a eu un rôle non négligeable dans la vogue des bains de mer, en particulier à Boulogne-sur-Mer et Dieppe, pratiquant volontiers ce loisir à la belle saison. C'est elle également qui inaugura une section du canal de la Somme.
Comme son époux, le duc de Berry qui présidait la Société des Amis de l'Art, la princesse fut une grande mécène, encourageant par ses multiples achats dans les salons de nombreux peintres et favorisant la production artistique et littéraire d'un grand nombre de musiciens et d'hommes de lettres. Elle apporta également un parrainage actif à de nombreuses manufactures aussi bien qu'à de nombreuses maisons de commerce ou ateliers d'artisanat, souhaitant ainsi favoriser l'essor économique du pays. Mais l'extrême générosité de la princesse, souvent surnommée la "bonne duchesse", est moins connu. Elle se manifesta par le soutien très actif qu'elle apporta tout au long de sa vie, même en exil, à de multiples organisations et associations aussi bien qu'aux victimes de catastrophes naturelles, nécessiteux ou anciens serviteurs de la monarchie.

Vendu en 1817 par Edmond de Talleyrand-Périgord à un négociant parisien, Louis Mourraux ou Mourault, le domaine est racheté en 1818 par le duc de Berry, fils du comte d'Artois et époux de Marie-Caroline des Deux-Siciles pour la somme de 2 500 000 francs.

Le duc et la duchesse sont soucieux de s'affranchir du protocole écrasant des Tuileries, mais le jeune couple profite peu du domaine puisque le prince est assassiné deux ans plus tard, le 13 février 1820. La duchesse de Berry est très attachée à ce domaine où elle a vécu deux brèves années de bonheur conjugal. Le souvenir de Sully y convoque celui d'Henri IV, le « bon roi Henri », premier souverain de la maison de Bourbon dont la Restauration chérit la mémoire : l'enfant posthume du duc de Berry, le duc de Bordeaux, est prénommé Henri V et l'on aime à le représenter en costume Renaissance.

Comme l'impératrice Joséphine, la duchesse de Berry, très férue de botanique, remodela complètement le parc du château de Rosny dans le goût paysagiste anglais très en vogue à l'époque. Elle le fit planter de milliers d'essences d'arbres, d'arbustes et de fleurs, le peupla de cerfs et de daims et y acclimata des biches naines venues d'Asie centrale ainsi que des kangourous qui vivaient dans des enclos dessinés dans l'esprit des fermes du pays de Caux. Voulant rappeler le souvenir de la reine Marie-Antoinette, sa grand-tante, elle fit aménager dans le parc une rivière "anglaise" avec cascade artificielle dans l'esprit de celle que la souveraine avait créée au Petit Trianon de Versailles. Enfin,pour satisfaire sa passion pour les fleurs exotiques, elle créa une vaste serre chaude

Une très importante exposition intitulée "Entre Cour et jardin, Marie-Caroline, Duchesse de Berry" s'est tenue d'avril à juillet 2007 au musée de l'Ile-de-France situé au château de Sceaux. Cette vaste rétrospective historique traitant du séjour officiel de la princesse, du palais des Tuileries au château de Rosny, regroupait près de 300 objets (meubles, tableaux, tapisseries, livres,orfèvrerie, bijoux, souvenirs historiques) provenant de plus de 80 musées, institutions patrimoniales et collectionneurs privés) dont un sur deux était exposé pour la première fois. Un important catalogue, abondamment illustré, a été publié à l'occasion de cette manifestation exceptionnelle.


À la suite des Trois Glorieuses, elle suivit Charles X et la cour en exil, mais elle cherchait à se faire proclamer régente pour son fils, sous le nom de Henri V. Elle retourna donc clandestinement en France en 1832, où elle débarqua dans la nuit du 28 au 29 avril. Elle tenta de relancer les guerres de Vendée et de rallier la population à sa cause.

La mobilisation locale fut assez faible, et l'opération échoua rapidement. La duchesse chercha refuge dans une maison de Nantes mais trahie par Simon Deutz, après s'être cachée toute une nuit dans un réduit situé derrière une cheminée dont l'âtre était allumé, elle fut arrêtée le 8 novembre 1832 par la gendarmerie, dirigée par Adolphe Thiers qui, depuis le 11 octobre, venait de remplacer Montalivet au ministère de l'Intérieur.

Détenue dans la citadelle de Blaye et soumise à la surveillance la plus rigoureuse, elle accoucha d'une fille prénommée Rosalie (10 mai 1833, 9 novembre 1833) devant des témoins désignés par le maréchal Bugeaud à la demande du roi Louis-Philippe qui voulut profiter de l'occasion pour flétrir son honneur aux yeux des légitimistes et discréditer ainsi définitivement la cause du jeune duc de Bordeaux. La princesse dut alors rendre public un mariage qu'elle avait contracté en 1831 avec Hector Lucchesi-Palli, duc della Grazia (1808-1864).

Avec ce nouveau mari, elle eut encore 4 filles portant ainsi sa descendance à 7 enfants : 2 qu'elle eut du duc de Berry et cinq qu'elle eut de son union avec Hector Lucchesi-Palli.

Après quelques mois en prison, la duchesse de Berry fut libérée et expulsée vers Palerme. Elle se vit tenue à l'écart de la famille royale, qui lui refusa la direction de l'éducation de son fils. Elle s'installa ensuite en Autriche où elle vécut les dernières années de sa vie. Elle mourut au château de Brunnsee en 1870.


Acquis en décembre 1984 par une société japonaise, la Nippon Sangyoo Kabushiki Kaisha, en même temps que neuf autres domaines dont ceux de Louveciennes et Millemont dans le même département des Yvelines, le château est intégralement dépouillé de son mobilier historique.

La société propriétaire procède à la mise en vente du mobilier, dont plusieurs éléments sont classés d’office par décret du 6 septembre 1990 pour faire face aux menaces d’exportation.

Une première vente a eu lieu à Drouot le 18 octobre 1993 sous le marteau de Me Rogeon, au cours de laquelle le salon de la duchesse de Berry, comprenant trente-trois pièces, est adjugé pour une somme de 750 000 francs[56].

Lors de la seconde vente, le 14 mars 1994, l'État préempte pour un montant de 910 000 francs les six pièces de la « Tenture de Psyché » aux armes des Sully, pour le compte du département du Loiret, afin de les présenter au musée départemental du château de Sully-sur-Loire.

Deux tapisseries de Bruxelles de la première moitié du XVIIIe siècle, « le Triomphe d'Alexandre » et « Aristide préparant un sacrifice aux dieux », faisant partie de la « Tenture des Hommes Illustres » provenant des ateliers des Leyniers sont préemptées pour le compte de la Ville de Rosny-sur-Seine au prix de 453 763 francs (frais compris), grâce à une subvention du département des Yvelines de 170 000 francs et une subvention du ministère de la culture de 100 000 francs.

Le château souffre par ailleurs d’une absence totale d’entretien et de surveillance qui entraîne de nombreuses effractions suivies de vols et de déprédations[57].

En 1992, les démarches entreprises auprès du propriétaire en vue d'assurer l'entretien courant et la restauration du château étant restées sans effet, la direction régionale des affaires culturelles d'Ile-de-France enjoint la société japonaise de réaliser les travaux de réfection de la toiture du corps central du château. Celle-ci propose alors de financer cette intervention d'un montant de 1 925 000 francs à hauteur de 70% mais ce projet ne connaît aucune suite concrète.

En 1995 et 1996, le Service Départemental de l'Architecture et du Patrimoine procède à plusieurs reprises à la condamnation des accès du château et du pavillon des Bains pour un coût global de 104 350 francs TTC.

Mais l'absence de gardiennage aboutit à l’incendie du 24 janvier 1997. Le feu prend aux premier et deuxième étages du pavillon latéral Nord et se propage rapidement aux combles de ce pavillon puis se transmet à la charpente du corps de logis principal, détruisant en partie les aménagements intérieurs.

Le 9 juin 1997, la Commission supérieure des monuments historiques émet un avis favorable à la mise en place de la procédure de mise en demeure du propriétaire du château de Sully d’exécuter des travaux de stricte conservation afin de sauver de la ruine le monument gravement endommagé par l’incendie. Face à la carence du propriétaire, Catherine Trautmann, ministre de la Culture et de la Communication décide l’exécution d’office de ces travaux sous la maîtrise d’œuvre de Bruno Chauffert-Yvart, chef du Service Départemental de l’Architecture et du Patrimoine.

Le montant total de ces travaux achevés en 1998 s’élève à 872 835 francs pris en charge par le ministère de la Culture et de la Communication. Ces travaux réalisés principalement sur le pavillon Nord et le corps de logis endommagés par l’incendie ont consisté en interventions sur la maçonnerie, la charpente, ainsi que la pose d’une couverture provisoire en tôle.

Le propriétaire défaillant est enfin exproprié par l'État.

Depuis 1999, le château appartient à un propriétaire privé, Bernard Anthonioz, qui envisage de l'aménager en relais-château de prestige.

Des travaux sont en cours mais, dix ans après, la toiture du pavillon détruit par l'incendie n'a pas été restaurée.



mardi 15 décembre 2009

LE CHATEAU D'AMBLEVILLE : LA ROUTE DES GAULOIS DANS LE VEXIN


LE CHATEAU D'AMBLEVILLE




Les Véliocasses sont un peuple gaulois demeurant dans le Vexin, auquel ils ont donné le nom. Leur chef-lieu était Rotomagus - aujourd'hui Rouen.

Selon Jules César dans les Commentaires sur la Guerre des Gaules :

* ce peuple participe à la coalition des Belges qui affronte les Romains en 57 av. J.-C. Les Véliocasses figurent dans l'armée coalisée à hauteur de 10 000 hommes.
* En 52 avant J.-C., ils participent au soulèvement général en fournissant 3 000 hommes à l'armée constituée pour porter secours à Vercingetorix.
* On les retrouve l'année suivante aux côtés des Bellovaques dans le cadre d'une ultime rébellion.

De nombreuses pièces de monnaie leur sont attribuées, en particulier, certaines pièces frappées au nom de Suticos, et d'autres Ratumacos. Dans ce dernier cas, il pourrait s'agir de l'évocation (à une époque contemporaine ou proche de la guerre des Gaules) de la ville de Rotomagus, ville qui deviendra le chef-lieu de la civitas des Véliocasses à l'époque impériale. Pour autant, c'est à Vernon dans l'Eure qu'a été fouillé et découvert un oppidum avec entrée monumentale de première importance.

Le territoire des Véliocasses suit le cours de la Seine depuis le confluent avec l'Oise et s'étend sur le plateau du Vexin sur la rive droite ; la limite avec les Lexovii pourrait être la Risle. La limite avec les Calètes est plus difficile à déterminer.

COLLEGIALE DE MANTES : SOEUR JUMELLE DE NOTRE DAME DE PARIS

Un premier sanctuaire est incendié en 1087 lors du siège de Mantes par Guillaume le Conquérant. Sous Louis VI, la collégiale reçoit le titre d'église royale, et ses abbés vont souvent être des membres de la famille capétienne. Après Philippe Le Bel, dernier abbé royal de Mantes, la direction de la collégiale est confiée à un doyen nommé par le roi. L'édifice actuel, édifié dans le style gothique de l'architecture francilienne, est proche dans son élévation de Notre-Dame de Paris. Après plusieurs campagnes de travaux, la collégiale est achevée vers le milieu du XIIIe siècle, et 9 chapelles sont fondées entre 1250 et 1359. Le massif de façade est édifié entre 1200 et 1220 ; la tour sud est terminée vers 1250, tandis que celle du nord, très différente de la précédente, est édifiée entre 1492 et 1508. Vers 1850, l'architecte Alphonse Durand entreprend la restauration de la collégiale et reconstruit la tour nord à l'identique de la tour sud.

jeudi 10 décembre 2009

SOIREE DANS LES ATELIERS LE TALLEC AVEC CLAIRE LE TALLEC, PETITE FILLE DU CELEBRE CREATEUR DE PORCELAINE AU VIADUC DES ARTS PARIS XII
























Camille Le Tallec est né dans le quartier de Belleville à Paris, d'un père breton originaire de Keryado alors près de Lorient et d'une mère picarde. Il fait ses études au lycée Voltaire, puis vit de petits métiers. Il est diplômé de l'École du Louvre où il soutient en 1929 une thèse sur la porcelaine de Nast au XVIIIe siècle. Il reprend ensuite en 1930, le petit atelier familial de décoration sur porcelaine de Limoges fondé par ses parents vers 1905 dans le 20e arrondissement de Paris, au 13, villa Faucheur. Rapidement, Camille Le Tallec décide de perpétuer fidèlement la grande tradition de décoration sur porcelaine de la manufacture de Sèvres en transformant l'entreprise artisanale familiale en atelier de céramique moderne d'une trentaine de peintres dépositaires de la tradition et du savoir-faire français de la peinture sur porcelaine du XVIIIe siècle et du XIXe siècle. L'atelier aura pour devise : « Ni copies, ni pastiches, simplement du travail bien fait ».

De 1930 à 1960, l'atelier prend de l'ampleur et sa renommée nationale et internationale s'étend aux tables les plus prestigieuses avec notamment des commandes réalisées pour la reine Élizabeth II d'Angleterre, les rois Mohammed V et Hassan II du Maroc, le Shah d'Iran Mohammad Reza Pahlavi, la République française, la Ville de Paris, et quelques grandes fortunes ou artistes. Il crée également à cette époque des décors spéciaux pour La Marquise de Sévigné, Marcel Rochas ou la maison d'orfèvrerie Puiforcat. En 1961, Camille Le Tallec entame une longue et fructueuse collaboration avec le joaillier américain Tiffany & Co qui aboutira en 1990 à l'achat et à l'intégration de l'Atelier Le Tallec au sein de la compagnie. Il décide en 1978 de transférer l'atelier de la villa Faucheur dans une annexe de l’École Boulle, rue de Reuilly dans le 12e arrondissement, ouvrant une nouvelle époque de modernisation dans les processus de réalisation des décors (utilisation de nouveaux fours électriques et créations de nouveaux décors contemporains). Depuis sa mort en 1991, l'atelier est entiérement géré par Tiffany & Co, qui a créé de nouvelles séries de décors originaux, ainsi que transféré l'atelier pour sa troisième époque dans le Viaduc des Arts sous la promenade plantée de l'avenue Daumesnil.

Camille Le Tallec, au cours de ses 60 ans de carrière de céramiste, comme il aimait à se définir lui-même bien que littéralement inapproprié, a ainsi maintenu la tradition française de la décoration sur porcelaine en revisitant, transmettant et préservant les techniques de réalisation de quelques 250 décors historiques et originaux signés aux marques Le Tallec. De façon étonnante, Camille Le Tallec n'a que très peu effectué lui-même les décors sur porcelaines qu'il concevait, se limitant à imaginer et dessiner les esquisses des décors qui étaient ensuite réalisées par les peintres de l'atelier. Cependant, il réalisa seul les émaux du chemin de croix de l'église Notre-Dame de la Paix à Saint-Étienne.

Par passion et par raisons professionnelles, Camille Le Tallec fut également tout au long de sa vie un très grand collectionneur, entre autres de porcelaines des différentes écoles et manufactures européennes du XVIe siècle au XIXe siècle, qui furent une source perpetuelle d'inspiration et des modèles pour les peintres de l'atelier. De 1935 à 1955, il réunit une exceptionnelle collection privée qui fût dispersée lors d'une vente aux enchères en 1990 par l'étude Tajan. De nombreux musées et grands collectionneurs acquirent les plus belles pièces. À partir de 1952, il fut membre de la section française de l'Académie des Beaux-arts de Naples.

Camille Le Tallec reçut la Médaille de Vermeil de la Ville de Paris en 1970 et fut élevé au grade de Chevalier de la Légion d'honneur par Edgar Faure en 1976.

(Source Wikipedia)