dimanche 20 décembre 2009

CHATEAU DE LONGCHAMPS : DEMEURE DE FRANCOIS COTY

Le moulin de l'hippodrome de Longchamp est aussi connu sous le nom de Moulin de Rouvray. Il fut construit en 1312 au sein de l'abbaye de Longchamp, fondée en 1255 par Isabelle de France, fille du roi Louis VIII et soeur de Saint-Louis.
Ce moulin sur pivot tournait pour moudre le grain de la communauté.
En 1792, les religieuses furent expulsées et les bâtiments vendus.
L'abbaye fut détruite en 1795 mais le moulin fut conservé.
Il resta en activité jusqu'en 1809, servant à pomper l'eau du lac inférieur pour l'amener au lac supérieur.
Au XIXème siècle le moulin-pivot est remplacé par un moulin-tour en pierre.
Sa nouvelle mission : servir de décor à l'hippodrome de Longchamp, inauguré en 1857.

Au cœur du bois de Boulogne, juste au nord de l’hippodrome de Longchamp, isolé par une petite rivière de la route des Lacs à Passy, se dresse un château de pierre blanche, au fronton classique. La façade sud, la plus visible, paraît soigneusement close. La façade arrière laisse toutefois pénétrer les visiteurs sans leur demander beaucoup d’efforts. Cependant, il faut au moins l’enthousiasme des néophytes en exploration urbaine pour se passionner en visitant cette bâtisse récente aux pièces banales et décorées sans âme. En revanche, juste à l’ouest se dresse une curieuse tour qu’on pourrait croire médiévale, couronnée d’un crénelage qu’on n’était plus habitué à voir dans Paris depuis la destruction de la Bastille. Quelle est donc l’histoire de ce bizarre apparentement ?

Fondée au XIIIe siècle, l’abbaye royale de Longchamp englobait un large terrain s’étendant de la Seine à, grosso modo, la limite actuelle de Paris, terrain où s’éparpillaient les bâtiments conventuels, leurs annexes et dépendances et, entre autres, un pigeonnier. Abandonnée par force en 1792, ne trouvant pas d’acquéreur, l’ancienne abbaye fut détruite deux ans plus tard, à l’exception du pigeonnier. Vers 1855 Napoléon III offrit le terrain qui nous occupe à son préfet favori, le baron Haussmann, qui fit pendant treize ans sa résidence d’été du château dont il confia la construction à Davioud (l’un de ses principaux collaborateurs). Ce bâtiment, constitué d’un pavillon de deux étages sommé d’un attique et flanqué de deux ailes basses en terrasse, n’avait pas de rapport avec le château que nous voyons à présent. Gravement délabré (car, selon l’expertise de Formigé datée de 1899, c’était vraiment pas construit pour durer) mais tout de même restauré vers 1910, il passa dans les mains du parfumeur François Sportuno, bien plus connu sous le nom de Coty, qui entre les deux guerres l’abattit pour commencer la construction de la grosse villa que nous connaissons. Finalement achevé au début des années 50 pour héberger le Centre international de l’enfance qui y aménagea salles de réunions, bureaux et locaux d’archives, il l’abrita jusqu’aux années 90 avant un nouvel abandon. A présent le nouveau propriétaire, le WWF, occupe les lieux et, qu'il en soit remercié, songe à une restauration sérieuse.