mercredi 9 décembre 2009

LE CHATEAU DE DAMPIERRE : OEUVRE DE MANSART












Quand Louis XIV fixa sa résidence à Dampierre en 1682, Charles Honoré d'Albert de Luynes, Duc de Chevreuse, gendre de Colbert entrprit de métamorphoser Dampierre. Ainsi Jules Hardouin Mansart livra les plans du nouveau château, où certains éléments de l'ancien étaient intégrés, et avec les mêmes soucis d'unité, d'espace et de pragmatisme, le Nôtre recomposa les jardins pour les accorder au logis ducal.

Côté parc, il ramena les douves à leur plan d'origine, fit jaillir une nappe à la tête du grand canal isolé, élimina murs frileux et moulin incongru. Pour maîtriser le coteau, il y creusa un vertugadin, resserré à l'image d'un fer à cheval et délimité par une allée. A son sommet il traça une patte d'oie d'où une percée entraine le regard vers l'infini du ciel. En vis-à-vis sur la colline dominant l'enfilade des cours, il ouvrit une trouée de lumière dans un bosquet. Elle couronne des gradins de gazon à la base desquels un bel abreuvoir anime une demi-lune.

Le jardin ainsi mis en relief entre le perron et le "fer à cheval" fut la variante principale de 2 projets matérialisés sur 2 plans d'apparat. Le second (adopté) propose une allée médiane ajustée à la largeur des frontons ; elle est bordée de parterres jumeaux à l'Anglaise eux-même terminés par des bassins circulaires ; à hauteur du vallon les 2 projets prévoient un grand bassin (le 2ème plan le figure octogone) dont la tête ressemble à la grotte de Vaux-le-Vicomte. Au-delà 3 bassins doivent allonger la perspective. Dans la réalité une nappe de 54 pieds surmontés d'une balustade a coiffé le bassin octogone.

Ne subsistent du plan de le Nôtre que le bassin octogone de la belle Hélène et les allées tracées en étoile dans le grand parc, le petit parc ayant été détruit par la tempête du 26 décembre 1999.


1551

Charles de Guise, Cardinal de Lorraine achète Dampierre et y fait de nombreux embellissements.




1574

A sa mort, il fait de son neveu Henri, son héritier. Ce château est représenté par Androuet du Cerceau dans son ouvrage « Les plus excellents bâtiments de France » parut en 1579.




1590

Après l’assassinat d’Henri de Guise, son fils cadet, Claude de Lorraine, Duc de Chevreuse en hérita. Il épousa en 1622 Marie de Rohan veuve du connétable de Luynes.




1655

Le Duc de Chevreuse donne Dampierre à son épouse laquelle en 1663 en fait à son tour donation à son fils le Duc de Luynes.





Depuis 1663, Dampierre a toujours appartenu aux Luynes.




1675

Le petit-fils de Marie de Rohan, 3ème Duc de Luynes, gendre de Colbert, fit raser le château jusqu’au rez-de-chaussée. Il édifia alors le château actuel sur les plans de Jules Hardouin Mansart et de Le Nôtre pour les jardins et le parc.




XVIIème
XVIIIème
siècle


les Rois Louis XIV, Louis XV, Louis XVI viennent à Dampierre. La Reine Marie Leczinska y fait de fréquents séjours et occupe l’appartement situé à droite du salon.




1789-1794

Le Duc de Luynes et sa famille n’émigrent pas. Ils restent à Dampierre pendant la Révolution. Ils sont arrêtés, emprisonnés, mais le château et leur fils sont protégés par les villageois. Ils sont finalement libérés.




1839

Le Duc Honoré de Luynes, savant et mécène, demande à Ingres de doter Dampierre « d’une œuvre qui soit à la fois un trésor d’art et une haute leçon de morale ». Ingres peindra « L’âge d’or » dans la galerie du 1er étage où sous la direction de Duban travaillèrent aussi Hippolyte et Paul Flandrin, Gleyre, Duret et Simart. Ce dernier exécuta pour cette salle la restitution au quart de la statue chryséléphantine de Minerve. Dans le grand vestibule peint par Gleyre et Picot on plaça la statue de Pénélope endormie de Cavelier.