mercredi 16 décembre 2009

VOYAGE "CHATEAUX ET JARDINS AUTOUR DE PARIS" : LE CHATEAU DE ROSNY


Le Château de Rosny

(a l'arrière plan du tableau on distingue le château de Rosny)
La duchesse de Berry eut un fils (Henri V) et une fille, arrière-arrière grand-mère du Grand Duc de Luxembourg.

- Henri d'Artois, (dit "Henri V"). À sa naissance et jusqu'à l'abdication de son grand-père, il est titré duc de Bordeaux. Puis, en exil, il prend le titre de courtoisie de « comte de Chambord », du nom du château qui lui avait été offert par une souscription nationale.

- Un descendant de Charles X règne de nos jours : le grand-duc Henri de Luxembourg; son grand-père, Félix de Bourbon-Parme, époux de Charlotte de Luxembourg, a pour grand-mèreLouise d'Artois, fille du duc de Berry et petite-fille de Charles X.

Charles X eut deux fils :

- Louis Antoine, duc d'Angoulême (dit "Louis XIX"), timide et souffrant de problèmes d’impuissance et de tics nerveux.

- Charles Ferdinand, duc de Berry, qui lui ressemble beaucoup, au physique comme au moral.


Marie Caroline Ferdinande Louise de Bourbon est née à Caserte en 1798. En 1799 la famille royale s'ést réfugiée a` Palerme - sous protection britannique - après l’invasion de ses États par l'armée française. Elle était la fille de François Ier, roi des Deux-Siciles (1777-1830), et de Marie-Clémentine d'Autriche (1777-1801), fille de l'empereur Léopold II.
Elle aimait s'éloigner assez souvent de la capitale, et elle a eu un rôle non négligeable dans la vogue des bains de mer, en particulier à Boulogne-sur-Mer et Dieppe, pratiquant volontiers ce loisir à la belle saison. C'est elle également qui inaugura une section du canal de la Somme.
Comme son époux, le duc de Berry qui présidait la Société des Amis de l'Art, la princesse fut une grande mécène, encourageant par ses multiples achats dans les salons de nombreux peintres et favorisant la production artistique et littéraire d'un grand nombre de musiciens et d'hommes de lettres. Elle apporta également un parrainage actif à de nombreuses manufactures aussi bien qu'à de nombreuses maisons de commerce ou ateliers d'artisanat, souhaitant ainsi favoriser l'essor économique du pays. Mais l'extrême générosité de la princesse, souvent surnommée la "bonne duchesse", est moins connu. Elle se manifesta par le soutien très actif qu'elle apporta tout au long de sa vie, même en exil, à de multiples organisations et associations aussi bien qu'aux victimes de catastrophes naturelles, nécessiteux ou anciens serviteurs de la monarchie.

Vendu en 1817 par Edmond de Talleyrand-Périgord à un négociant parisien, Louis Mourraux ou Mourault, le domaine est racheté en 1818 par le duc de Berry, fils du comte d'Artois et époux de Marie-Caroline des Deux-Siciles pour la somme de 2 500 000 francs.

Le duc et la duchesse sont soucieux de s'affranchir du protocole écrasant des Tuileries, mais le jeune couple profite peu du domaine puisque le prince est assassiné deux ans plus tard, le 13 février 1820. La duchesse de Berry est très attachée à ce domaine où elle a vécu deux brèves années de bonheur conjugal. Le souvenir de Sully y convoque celui d'Henri IV, le « bon roi Henri », premier souverain de la maison de Bourbon dont la Restauration chérit la mémoire : l'enfant posthume du duc de Berry, le duc de Bordeaux, est prénommé Henri V et l'on aime à le représenter en costume Renaissance.

Comme l'impératrice Joséphine, la duchesse de Berry, très férue de botanique, remodela complètement le parc du château de Rosny dans le goût paysagiste anglais très en vogue à l'époque. Elle le fit planter de milliers d'essences d'arbres, d'arbustes et de fleurs, le peupla de cerfs et de daims et y acclimata des biches naines venues d'Asie centrale ainsi que des kangourous qui vivaient dans des enclos dessinés dans l'esprit des fermes du pays de Caux. Voulant rappeler le souvenir de la reine Marie-Antoinette, sa grand-tante, elle fit aménager dans le parc une rivière "anglaise" avec cascade artificielle dans l'esprit de celle que la souveraine avait créée au Petit Trianon de Versailles. Enfin,pour satisfaire sa passion pour les fleurs exotiques, elle créa une vaste serre chaude

Une très importante exposition intitulée "Entre Cour et jardin, Marie-Caroline, Duchesse de Berry" s'est tenue d'avril à juillet 2007 au musée de l'Ile-de-France situé au château de Sceaux. Cette vaste rétrospective historique traitant du séjour officiel de la princesse, du palais des Tuileries au château de Rosny, regroupait près de 300 objets (meubles, tableaux, tapisseries, livres,orfèvrerie, bijoux, souvenirs historiques) provenant de plus de 80 musées, institutions patrimoniales et collectionneurs privés) dont un sur deux était exposé pour la première fois. Un important catalogue, abondamment illustré, a été publié à l'occasion de cette manifestation exceptionnelle.


À la suite des Trois Glorieuses, elle suivit Charles X et la cour en exil, mais elle cherchait à se faire proclamer régente pour son fils, sous le nom de Henri V. Elle retourna donc clandestinement en France en 1832, où elle débarqua dans la nuit du 28 au 29 avril. Elle tenta de relancer les guerres de Vendée et de rallier la population à sa cause.

La mobilisation locale fut assez faible, et l'opération échoua rapidement. La duchesse chercha refuge dans une maison de Nantes mais trahie par Simon Deutz, après s'être cachée toute une nuit dans un réduit situé derrière une cheminée dont l'âtre était allumé, elle fut arrêtée le 8 novembre 1832 par la gendarmerie, dirigée par Adolphe Thiers qui, depuis le 11 octobre, venait de remplacer Montalivet au ministère de l'Intérieur.

Détenue dans la citadelle de Blaye et soumise à la surveillance la plus rigoureuse, elle accoucha d'une fille prénommée Rosalie (10 mai 1833, 9 novembre 1833) devant des témoins désignés par le maréchal Bugeaud à la demande du roi Louis-Philippe qui voulut profiter de l'occasion pour flétrir son honneur aux yeux des légitimistes et discréditer ainsi définitivement la cause du jeune duc de Bordeaux. La princesse dut alors rendre public un mariage qu'elle avait contracté en 1831 avec Hector Lucchesi-Palli, duc della Grazia (1808-1864).

Avec ce nouveau mari, elle eut encore 4 filles portant ainsi sa descendance à 7 enfants : 2 qu'elle eut du duc de Berry et cinq qu'elle eut de son union avec Hector Lucchesi-Palli.

Après quelques mois en prison, la duchesse de Berry fut libérée et expulsée vers Palerme. Elle se vit tenue à l'écart de la famille royale, qui lui refusa la direction de l'éducation de son fils. Elle s'installa ensuite en Autriche où elle vécut les dernières années de sa vie. Elle mourut au château de Brunnsee en 1870.


Acquis en décembre 1984 par une société japonaise, la Nippon Sangyoo Kabushiki Kaisha, en même temps que neuf autres domaines dont ceux de Louveciennes et Millemont dans le même département des Yvelines, le château est intégralement dépouillé de son mobilier historique.

La société propriétaire procède à la mise en vente du mobilier, dont plusieurs éléments sont classés d’office par décret du 6 septembre 1990 pour faire face aux menaces d’exportation.

Une première vente a eu lieu à Drouot le 18 octobre 1993 sous le marteau de Me Rogeon, au cours de laquelle le salon de la duchesse de Berry, comprenant trente-trois pièces, est adjugé pour une somme de 750 000 francs[56].

Lors de la seconde vente, le 14 mars 1994, l'État préempte pour un montant de 910 000 francs les six pièces de la « Tenture de Psyché » aux armes des Sully, pour le compte du département du Loiret, afin de les présenter au musée départemental du château de Sully-sur-Loire.

Deux tapisseries de Bruxelles de la première moitié du XVIIIe siècle, « le Triomphe d'Alexandre » et « Aristide préparant un sacrifice aux dieux », faisant partie de la « Tenture des Hommes Illustres » provenant des ateliers des Leyniers sont préemptées pour le compte de la Ville de Rosny-sur-Seine au prix de 453 763 francs (frais compris), grâce à une subvention du département des Yvelines de 170 000 francs et une subvention du ministère de la culture de 100 000 francs.

Le château souffre par ailleurs d’une absence totale d’entretien et de surveillance qui entraîne de nombreuses effractions suivies de vols et de déprédations[57].

En 1992, les démarches entreprises auprès du propriétaire en vue d'assurer l'entretien courant et la restauration du château étant restées sans effet, la direction régionale des affaires culturelles d'Ile-de-France enjoint la société japonaise de réaliser les travaux de réfection de la toiture du corps central du château. Celle-ci propose alors de financer cette intervention d'un montant de 1 925 000 francs à hauteur de 70% mais ce projet ne connaît aucune suite concrète.

En 1995 et 1996, le Service Départemental de l'Architecture et du Patrimoine procède à plusieurs reprises à la condamnation des accès du château et du pavillon des Bains pour un coût global de 104 350 francs TTC.

Mais l'absence de gardiennage aboutit à l’incendie du 24 janvier 1997. Le feu prend aux premier et deuxième étages du pavillon latéral Nord et se propage rapidement aux combles de ce pavillon puis se transmet à la charpente du corps de logis principal, détruisant en partie les aménagements intérieurs.

Le 9 juin 1997, la Commission supérieure des monuments historiques émet un avis favorable à la mise en place de la procédure de mise en demeure du propriétaire du château de Sully d’exécuter des travaux de stricte conservation afin de sauver de la ruine le monument gravement endommagé par l’incendie. Face à la carence du propriétaire, Catherine Trautmann, ministre de la Culture et de la Communication décide l’exécution d’office de ces travaux sous la maîtrise d’œuvre de Bruno Chauffert-Yvart, chef du Service Départemental de l’Architecture et du Patrimoine.

Le montant total de ces travaux achevés en 1998 s’élève à 872 835 francs pris en charge par le ministère de la Culture et de la Communication. Ces travaux réalisés principalement sur le pavillon Nord et le corps de logis endommagés par l’incendie ont consisté en interventions sur la maçonnerie, la charpente, ainsi que la pose d’une couverture provisoire en tôle.

Le propriétaire défaillant est enfin exproprié par l'État.

Depuis 1999, le château appartient à un propriétaire privé, Bernard Anthonioz, qui envisage de l'aménager en relais-château de prestige.

Des travaux sont en cours mais, dix ans après, la toiture du pavillon détruit par l'incendie n'a pas été restaurée.