mercredi 2 décembre 2009

CHATEAU DE LA GRANGE : PROPRIETE DE LA CHAINE "LES HOTELS PARTICULIERS"

Le Général Gourgaud, compagnon de Napoléon Ier à Ste Hélène

Le Maréchal de Saxe par Quentin de Latour

Jean-Baptiste François de Troy (1679-1752)

Pierre-Jacques Cazes (1676-1754)

La Marquise de Sévigné

La Bruyère


1389-1651 Du château-fort à la reconstruction moderne par les Duret, hauts-fonctionnaires de la cour et protecteur des arts.

Sous le règne de Charles VI, le fief de La Grange est mentionné en 1389-1390, dans la mouvance de la seigneurie d'Yerres. Il s'agit alors d'une parcelle du massif forestier d'Ardenay, défrichée pour le compte d'une communauté religieuse parisienne, qui lui donne son nom. Sous le règne d'Henri III, vers 1581, cette ferme est fortifiée. Sous le règne d'Henri IV, Charles Duret, fils de Louis Duret, le premier médecin de Charles IX, hérite de ce domaine, et y entreprend en 1617 la construction de l'actuel château. Secrétaire vers 1609 du duc de Sully, il devient contrôleur général des finances, greffier des ordres du roi en 1621, président de la Chambre des Comptes, et colonel du quartier Saint-Paul à Paris. Sa carrière est également liée au goût des ballets, car il contribue au développement de l'art chorégraphique français lorsque, entre 1590 et 1610, plus de 800 ballets de cour sont créés. Selon la mode de l'époque, des jardins au tracé régulier sont aménagés avec le château. Une ' grotte ornée de coquillages et de rustiques ' est réalisée en 1635 dans la douve sud, en contrebas de la cour d'honneur. Vers la façade ouest, un grand canal permettant l'assainissement du site est creusé le long du petit parterre.

1651-1714 : Les "précieuses" et les intellectuels sous le règne de Louis XIV

Pendant la Fronde, en août 1651, Charles-François Duret (1614-1700), sieur de Chevry et de La Grange, conseiller au Parlement et président de la Chambre des Comptes en 1637, vend le domaine d'Yerres à Rollin Burin, maitre d'hôtel du roi, avant le début de la ' grande guerre Condéenne ' et de la campagne d'Île-de-France. Mme Burin est l'une des Précieuses, connue sous le nom de Bertaminde. En novembre 1658, Ninon de Lenclos (1616-1706) séjourne à La Grange-du-Milieu. Elle y convie à la chasse des amis séjournant au château de Fromont à Ris, aux frais de Bertaminde qui prétexte une invitation à Tigery pour quitter La Grange. L'esclandre qui s'ensuit est relaté par Tallemant des Réaux.

Entre 1673 et 1697, La Grange-du-Milieu est la propriété de Nicolas III Le Camus, premier président de la Cour des aides en 1672, décrit sous les traits de ' Clitiphon ' vers 1694 dans Les Caractères de Jean de La Bruyère. Mme de Sévigné (1626-1696) séjourne pendant cette période à La Grange-du-Milieu. Puis le domaine appartient à Nicolas IV Le Camus, premier président de la Cour des aides en 1712. Ses héritiers cèdent le domaine à Nicolas Gaudion le 28 septembre 1714.

1714-1748 : Les Gaudion, secrétaires du roiDès 1720, il fait appel à l'architecte décorateur et ornemaniste Gilles Marie Oppenord (1672-1742), élève de Jules-Hardouin Mansart, pour aménager un salon au rez-de-chaussée de l'aile sud. Des dessins en sont conservés à Paris (Musée Carnavalet) et à Stockholm (collection Tessin-Harleman). Cet aménagement constitue un exemple rare de style ' rocaille français ', peu prisé en Île-de-France à l'époque des styles Régence et Louis XV. Quatre toiles ovales ornent les lambris : Vénus sortant du bain et Le Triomphe de Vénus sur les eaux de Pierre-Jacques Cazes (1676-1754), Vénus à sa toilette et Psyché qui réveille l'Amour de Jean-Baptiste François de Troy (1679-1752).

1748-Révolution Française : Le Maréchal Comte Maurice de Saxe "Messieurs les Anglais, tirez les premiers" (Bataille de Fontenoy, 1745).

En 1748, un an après le mariage de sa nièce Marie-Josèphe de Saxe avec Louis-Ferdinand, fils de Louis XV, le comte Maurice de Saxe, qui réside régulièrement depuis 1745 au château du Piple à Boissy-Saint-Léger, acquiert le domaine de La Grange-du-Milieu. Sa situation familiale conduit le maréchal de Saxe à entreprendre d'importants réaménagements dans le château et les jardins, travaux laissés inachevés à sa mort, deux ans plus tard. Des travaux concernant les maçonneries du corps central et la façade sur les jardins conduisent probablement à la création de la galerie, au rez-de-chaussée. Éclairée à l'est et à l'ouest par cinq baies vitrées, cette pièce comporte un décor de pilastres cannelés d'ordre corinthien et de trophées dû à Jacques-Ignace de La Touche (1694-1781). Une extrémité est ornée au centre, entre les deux portes, de l'Envol de canards dans un marais, tableau en stuc de marbre par Chevalier. Un second tableau placé au nord de la galerie, du même auteur, est aujourd'hui déposé. Les travaux entrepris par le maréchal de Saxe sont achevés par Jacques Ramond, secrétaire du roi, mais Maurice de Saxe est vraisemblablement à l'origine de l'avant-cour rappelant le Zwinger à Dresde.

1804-1830 : Alexadrine-Marie Boscary de Villeplaine pendant l'Empire

Entre 1804 et 1830, date à laquelle le domaine devient la propriété d'Alexandrine-Marie, veuve de Jean-Baptiste Joseph Boscary de Villeplaine, Jean Anthelme Brillat-Savarin (1755-1826) y déguste un ' faisan étoffé ' préparé par le chef Picard, dont le souvenir est conservé dans l'ouvrage de l'écrivain-gastronome, la Physiologie du Goût. Certaines cartes de l'Institut géographique national signalent la présence d'une faisanderie dans les bois clos du château, à proximité de l'allée Sainte-Catherine. Le photographe yerrois Louis-Victor Mulard (1875-1925) y photographie au début du XXe siècle Le Repas des Faisans.

1830-1990 : Jacques Ramond du Taillis et sa descendance, les Barons Gourgaud du Taillis

Jean-Baptiste Melin Ramond, vicomte du Taillis, devenu propriétaire du domaine en 1830, fait appel en 1847 au paysagiste Louis-Sulpice Varé (1802-1883), pour redessiner les jardins selon un tracé irrégulier. Une aquarelle due à Eugène Lami donne du château une vision théâtrale et romantique. Ultérieurement, La Grange-du-Milieu passe à Louis-Marie Napoléon IIe baron Gourgaud et reste durant quatre générations dans cette famille. La chapelle est dédiée à sainte Hélène en 1920. Le paysagiste Achille Duchêne a peut-être oeuvré dans les jardins.