mardi 5 janvier 2010

CASTEL DEL MONTE : CHEF D'OEUVRE DE L'ARCHITECTURE DE L'EMPEREUR FREDERIC II



Petit-fils de Frédéric Barberousse, fils de l’empereur Henri VI et de Constance de Hauteville, héritière des rois normands, il voit le jour le 26 décembre 1194. A quatre ans il sera orphelin et confié à la tutelle d’Innocent III. En 1212, à 18 ans alors soutenu par le pape il sera désigné comme roi des Romains, les princes allemands vont abandonné à son profit le parti d’Otton de Brunswick après la défaite de Bouvines en 1214 et, abusant de la faiblesse politique d’Honorius III il se fait couronner empereur en 1220. Au passage notons qu’il réunit la Sicile à l’Empire Germanique.

Donc notre ami Frédéric II est empereur à 26 ans, fastueux, curieux, rationaliste et fasciné par l’Orient (il sera un bon ami du sultan d’Egypte Al Kamil, fil de Saladin ; il va lui racheter Jérusalem en 1228.) Il sera surtout un souverain méditerranéen dans lequel on a vu un précurseur de la Renaissance. Il est connu pour sa très forte personnalité qui fit de lui l’un des souverains les plus originaux de l’histoire. Malgré l’éducation qu’il reçu d’Innocent III il fut, comme ses prédécesseurs, un adversaire acharné de la papauté. Il fait preuve d’une certaine indifférence en matière religieuse, qui n’exclut pas la poursuite des hérétiques mais l’incite à la tolérance envers les juifs et les musulmans (notons tout de même que le sang d’un juif ou d’un sarrasin vaut la moitié de celui d’un chrétien, in les Constitutions de Melfi, qui sont la première tentative au Moyen Age de substituer un état laïque à l’instabilité des allégeances féodales. Frédéric II y rassemble toute la législation, ce Liber augustalis (nom « original » des Constitutions de Melfi ) exprime sa conception d’une monarchie absolue et de l’administration du royaume). C’est un homme sans scrupules et avides de connaissances. Il fit de la Sicile son centre de gravité et délaissa la Germanie, mais voulant étendre son influence à tout la péninsule Frédéric II se heurte au pape et aux villes de l’Italie du Nord.

Au moment où Frédéric II obtient du sultan al-Kamil la restitution de Jérusalem le pape envahit les Pouilles. Grégoire IX sera battu et devra signer la paix à San Germano en 1230. Mais bientôt un nouveau conflit l’oppose à Grégoire IX, à propos de la Sardaigne, que l’empereur a concédée à son fils Enzo, au mépris des droits de l’Église. La violence des deux camps s’exprime notamment à grand coup d’encycliques pontificales et de libelles impériaux.

Il sera excommunié deux fois ; la première lorsqu’il mena, contre l’avis du pape Grégoire IX, la sixième croisade et la seconde par Innocent IV qui réunit à Lyon un concile qui dépose l’empereur (1245). Frédéric II ne se tient pas pour battu: malgré des complots, la révolte de Parme, il semblait avoir raffermi son autorité en Italie du nord, lorsqu’il meurt dans un château des Pouilles en 1250. Sa disparition provoque l’écroulement de la puissance impériale, la partie germanique qu’il avait délaissée est soumise à l’anarchie féodale et aux luttes intestines propres au Grand Interrègne.