jeudi 28 octobre 2010

LE PAYSAGE ROMAIN AU XVIIe SIECLE (NATURE IDYLLIQUE ET SOUVENIRS DE L'ANTIQUITE) : NICOLAS POUSSIN, GASPARD DUGHET ET CLAUDE LORRAIN

I. NICOLAS POUSSIN : LA NATURE RECOMPOSEE SERT D'ÉCRIN AUX IDEAUX
(Paysage avec St Mathieu)


(Paysage avec Diogen)

"Son approche change considérablement avec le temps. Il y a une première phase dans laquelle la nature est une sorte d'arrière-plan - ce sont des soleils couchants, très lumineux, très chaleureux, dans lesquels les scènes amoureuses dépeintes prennent place. Ensuite, à partir de 1638 environ, Poussin mène une réflexion tout à fait différente ; il s'agit cette fois-ci de placer des saints ou des saintes dans un paysage et de montrer qu'il y a une complicité et une entente dans la description d'une nature grandiose, comme si la pensée de l'homme avait besoin de la nature, dans laquelle il s'isole, pour s'épanouir parfaitement. Une étape ultérieure est marquée par le déchaînement de la nature avec l'orage, la tempête, les tremblements de terre, etc. L'homme y occupe une part modeste, il est comme oublié. Enfin, c'est le triomphe final, qu'illustrent parfaitement les 'Quatre saisons' du musée du Louvre, commandé par le duc de Richelieu. Ce sont des oeuvres tout à fait extraordinaires, personne n'ayant pensé avant Poussin à utiliser les quatre saisons pour décrire les quatre heures du jour (de l'aube à l'obscurité de la nuit) et les quatre âges de l'homme." (Pierre Rosenberg, ancien directeur du Louvre)

voir : interview complète

II. GASPARD DUGHET : OBSERVATION ET DESCRIPTION DE LA NATURE BRUT
(Paysage Classique)


(Paysage classique avec un lac)

Beau-frère de Poussin, Gaspard Dughet (1615-1675) se consacre avec passion à l’art du
paysage. Il n’hésite pas restituer des sites précis, oscillant entre un naturalisme hérité des peintres vénitiens ou nordiques et une soumission au cadre rigoureux d’une construction rationnelle prônée par Poussin ou Claude Le Lorrain. Largement imité au XVIIIe siècle, en particulier en Angleterre, son style aura une influence aussi considérable que celui de ces
deux grands maîtres du paysage.

III. CLAUDE LORRAIN : NATURE RECOMPOSEE, PRELUDE AU PAYSAGISME

(Paysage avec des bergers)

(Paysage avec Appolon et Mercure)

(Paysage avec Aeneas à Délos)

"La sérénité, l'atmosphère idyllique du paysage claudien subjuguent complètement l'Angleterre où l'art réclame une plus grande autonomie face au politique et au religieux. Turner fut probablement le plus doué des émules du Lorrain — il confectionna même un Liber studiorum semblable au Liber Veritatis dans lequel le Lorrain consignait ses tableaux et les retravaillait à la plume et au lavis. Constable, dont les paysages luministes devaient révéler à Delacroix, à Monet, une approche nouvelle de la lumière, fut également un admirateur du Lorrain. Dans une lecture à la Royal Academy, Constable parlait de «l'inimitable Claude Lorrain qui réalisa la transcription la plus merveilleusement parfaite de la nature et créa ces oeuvres exquises dont la splendeur n'a pas d'égale». " (source Agora)