mercredi 2 mars 2011

UNE HISTOIRE SIMPLIFIEE DE BYZANCE (d'après un reportage réalisé avec Paltin Nottara, descendant du chancellier du dernier Empereur de Byzance)

L'Empereur Constantin XI Paléologue - dernier Empereur de Byzance

Byzance
(11 mai 330 - 29 mai 1453)

11 mai 330 - la nouvelle capitale ressemblait à un immense chantier. L'empereur offrant des palais aux familles patriciennes pour les attirer.

La politique continuait à s'organiser autour des jeux du cirque : les "verts" réclamaient des réformes et les "bleus" étaient traditionalistes.

L'idée était de s'éloigner du risque barbare et lorsqu'en 476, Rome tombe, cela confirme le choix éclairé de Constantin.

Mais très vite l'idée de réunion des deux empires émerge. En 518, le futur Empereur Justinien est associé au pouvoir par son oncle. Son talent est tel qu'il va tenter de régner seul et de réunir l'orient et l'occident. Mais son rêve est impossible. L'Empire se ruine. Les nobles partent pour ne pas payer l'impôt. Les fonctionnaires sont corrompus. Théodora, l'impératrice, ne croira jamais à la réunion de l'orient et de l'occident. Elle le poussa a rester à Constantinople. Il continua à lutter contre ceux qu'ils considérait comme Barbares et résida souvent à Ravenne, nouvelle capitale.

En 532 il décide la construction de la plus grande église de l'univers. Une coupole immense. L'empereur s'y tient comme une statue en or lieutenant de Dieu. Sous la coupole de 55m la cour est immergée dans l'or. Les mosaïques expriment l'héritage grec, romain, chrétien et oriental.

Mais dès le VIIè siècle, un nouveau danger beaucoup plus important que celui des "barbares" émerge : la naissance d'une nouvelle religion instaurant des frontières infranchissables entre les Empires. Beaucoup d'églises byzantines sont transformées en mosquées (dont la Basilique des reliques de Saint Jean Baptiste à Damas). En 674, les Arabes assiègent pour la première fois Constantinople. Mais ils sont repoussés.

Très vite il n'y a plus d'Afrique Romaine et la religion depuis cette époque sépare la Méditerranée et personne, pas même les Ottomans ne pourront rétablir ce rêve d'union de la Méditerranée.

Le long de la route qui mène à Rome, en Théssalonique et en Madédoine, on trouve de nombreuses églises qui reflètent l'esprit de Constantinople.

Au milieu du VIIè siècle, une nouvelle querelle intervient au sein de l'Eglise. A-t-on le droit de représenter Dieu ? On s'inquiétait que l'objet adoré puisse remplacer Dieu lui-même. Un commerce important enrichissait les moines. L'image est-elle subversive ?

L'Empereur Léon III interdit en 730 tout culte des reliques et des images. Des soldats détruisaient les images. D'autres volent les reliques.

Cette querelle eut un coté positif : elle fit ressortir les vieux textes de Platon écrits 1000 ans plus tôt et ses préceptes comme celui que les idée et l'apparence qu'on leur donne ne sont pas la même chose. C'est cet héritage antique qui ressurgit grâce aux querelles religieuses.

Cette querelle des image s'exprime très clairement dans les fresques des églises de Mistra, cité-symbole de l'art de vivre byzantin. Aujourd'hui ville morte, on peut y admirer les restes de palais, des églises et un réseau d'irrigation sophistiqué témoignage qu'en l'an 1000 on vivait mieux en Orient qu'en Europe de l'Ouest.

La famille des Notaras avait créé d'importants réseaux de circulations pour relier l'Orient et l'Occident. L'enjeu devenait la lutte pour la conservation des côtes de Dalmatie pour acheminer tous ces biens en provenance d'Orient.

C'est dans ces ports comme celui de Porech que tout va se jouer entre les chrétiens occidentaux et les chrétiens d'orient. Alors que les Papes de rome avait pour mission de christianiser les barbares qui se transformaient peu à peu en prétentions terrestres, l'empereur de Byzance se présentait en tant que réel représentant de dieu sur Terre.

Le pape, irrité de cette situation et désireux de prendre pour lui tout le pouvoir sur la chrétienté ira même jusqu'à courroner à Rome un nouvel : Charles Quint (presque malgré lui).

C'est à cette époque que les papes répandront l'idée que c'est l'Esprit Saint qui insuffle la vie au Père et au Fils (égalité du père et du fils quant à la transmission de l'esprit saint) et d'autres querelles plus mineures comme le mariage des prêtres ou la longueur des barbes.

Il ne faut pas oublier qu'à cette époque et ce depuis qu'en 990, les Russes se convertissent à l'orthodoxie, grâce à l'évêque Cyril, la moitié de monde partageait leur conviction religieuse.
Mais la société byzantine commençait à tomber dans une attitude schizophrénique (coupé de la réalité / rupture entre le "moi" et la réalité).

Les byzantins se sentaient les seuls héritiers des valeurs romaines : le sens de la famille (la femme avait une place dans la famille), le sens de la citoyenneté, du bien public et l'Etat.
Ils possédaient différentes unités de poids et de mesure, éditaient des lois concernant la qualité de la soie, la protection contre les risques d'incendie; résidait à Constantinople un nombre important de savants, la ville attirait le monde entier, y compris les califes.

Mais il fallait reconnaitre une autre réalité un peu plus triste : Byzance ne possédait plus le pouvoir sur son empire et le réalisme de politique des Macédonniens s'imposa pour conserver un empire un peu moins grand protégeant ses frontières contre les Arabes et les Bulgares.

Après l'an 1000 le pape léon IX voulu se donner plus de liberté par rapport à l'Empereur.
En 1054 à Sainte Sophie, le légat du pape dépose une bulle d'excommunication sur l'autel.
"que dieu voit et juge". C'est le début du Grand Schisme qui dure encore aujourd'hui. A l'époque pourtant, chrétiens d'orient et d'occident croyaient que tout allait s'arranger.

Byzance pensait avait cependant cette conception unique du Monde que ne comprenait pas les occidentaux. C'était un système qui donnait la possibilité à différents peuple de vivre ensemble assurant la paix dans des régions présentant de nombreuses diversités comme les Balkans.
Une fois Byzance tombée, l'union devenait impossible. Et nous en avons vu les conséquences encore dans les années 1990 avec la destruction de nombreux monuments catholiques, orthodoxes et musulmans.

La perte de l'Anatolie

Les turcs, venus des steppes d'Asie Centrale étaient arrivés à Constantinople. Le 26 aout 1071, l'Empereur Romain Diogène est fait prisonnier. Les turcs devenus musulmans fondent un sultanat en Anatolie.

La Tentation de Venise

Fille de Constantinople. Les relations ont toujours été difficiles entre les deux rivales. Manipulatrice des deux Empires de l'époque : le Saint Empire Germanique et l'Empire Byzantin,
1082 marque la date du début de la "Tentation de Venise".
Byzance par un décret donne à Venise le droit d'acheter et de vendre dans tous l'Empire en échange de la défense contre les Normands (qui attaquent par le Sud) et les Turcs (par l'Est). Ils essayèrent de tenter le même accord avec les Génois. Survivre à court terme les plongea dans une dépendance bien plus grande.

A cette époque régnait les Commène. Pour eux, la noblesse d'occident était source de tous les dangers. Les prêtres portaient l'épée. En 1095 ces pretres accompagnèrent des fanatiques pour délivrer le tombeau du christ qui finit en 1099 par le Massacre de Jérusalem. Les Empereurs commençaient à avoir de mauvais pressentiments

Cependant pendant une courte période, du fait de ces croisades la prospérité de l'Empire revenait.

Mais en 1203 arriva ce qui devait arriver, la croisade finit à Constantinople.
Un prince allemand voulait tout simplement s'y installer soutenu par le Doge Enrigo Dandolo, l'un des plus grands doges de l'histoire de Venise.

En 1204, après 3 jours de sacs et d'assouvissement de soif de possession de ces "barbares" qui n'avaient jamais réussi à produire tant de richesses et de beauté car ayant une imagination trop pauvre, finit la tentation de Venise. Dès lors Byzance se rétracte sur ce qui lui reste : la dévotion et la prière tandis que Venise rompt son lien avec le Père que représente Byzance.

Le lien avec l'Antiquité est rompu. Les corps vont commencer à se développer en Occident en dehors de toute sacralisation dans la liberté d'action. On n'aurait jamais pu imaginer la représentation d'une Vénus dans l'Empire Byzantin, c'est pourtant ce qui commence à arriver en Occident.

Après 1204 suit une période de décadence de l'Empire bysantin, des Empereurs latins remplacent les empereurs de l'ancienne dynastie et Constantinople se vide de ses œuvres d'art comme les chevaux de Constantinople qui arrivèrent à Venise sur les navires de l'affreux Enrico Dandolo, nouvel ambassadeur.

Après 50 ans d'occupation, l'empereur latin vendait des reliques.
Michel VIII paléologue tenta un dernier sursaut avec en 1261 reprise de Mistra. Mais les ottomans encerclaient les restes de l'Empire. Ils avaient écrasé les serbes au Kosovo. Les Byzantins cédaient toujours plus d'avantages au Pape, au Vénitiens et aux Génois.
Ces derniers défendent le pauvre Jean VIII Paléologue venu mettre en garanti ses rubis.
Il y e quelques secours symboliques envoyés par le roi de France mais les occidentaux les laissaient tomber petit à petit.

Ceci dit pour l'Empereur il n'était pas question d'une alliance avec le Pape. "plutot le turban du sultan que la tiare du pape !" l'union religieuse était sans importance.

En 1452 les ottomans commencent la construction d'une forteresse pour bloquer le commerce avec la Mer Noir et apparaissent pour la première fois les canons. Les Turcs avaient un fort
esprit pragmatique ouvert sur l'innovation. Ils utilisèrent aussi la ruse en acheminant une grande partie de leur flotte par la terre sur un chemin de bois plutot que par la Mer.

Les génois, au courant du stratagème ne dirent rien et notre pauvre Constantin Paléologue du se résoudre à affronter seul les troupes de l'islam lors de la dernière grande attaque

La veille du 29 mai 1453, le conseil impérial prévu une grande procession dans Sainte Sophie au cours de laquelle tout le monde recevrait les derniers sacrements sous les yeux des observateurs vénitiens.

Le dernier empereur de byzance tombe, Méhémet II pénetre dans saint sophie et épargne la ville de constantinople qui voulait intact pour lui-même.

Le Grand Duc Luka Notaras, chancelier de Constantin, mourut sur place et sa fille Anna Notaras rejoignit Gènes où elle est enterrée après une longue vie. Bien plus tard les Notaras occupèrent de nouveau de haute fonction dans l'administation et dans l'église orthodoxe en Roumanie.

En Roumanie où ils vécurent avec d'autres descendants des byzantins qui avaient fui, de nombreux monastères dans les carpates témoignent d'une Byzance après Byzance.