lundi 13 janvier 2014

GENEALOGIE BORGIA, LE PAPE ALEXANDRE VI ET LES DUCS DE GANDIE (VALENCE) JUSQU'AU XVIIIeme SIECLE

Blason de César Borgia




LE PAPE ALEXANDRE VI BORGIA

Avec la mort en 1492 de Laurent le Magnifique, le garant de la paix de Lodi disparaît et Jérôme Savonarole prophétise qu'un pape débauché va s'asseoir sur le trône de Pierre.
Le 6 juin 1494, par le traité de Tordesillas, conclu entre les rois catholiques et Jean II de Portugal, le pape divise le Nouveau Monde en attribuant le Brésil au Portugal et le reste de l'Amérique latine à l'Espagne, les autres nations ayant été écartées. Cette décision ne sera pas sans conséquences lorsque éclatera la Réforme.

Pour Alexandre VI, cet arbitrage doit affirmer l'autorité papale face aux puissances. En 1495, pour lutter contre la présence française en Italie, il forme avec Milan, Venise, l'empereur Maximilien et les rois catholiques d'Espagne la Ligue de Venise qui connut une lourde défaite à la bataille de Fornoue, remportée par Charles VIII grâce à la supériorité de son artillerie. César Borgia, fait duc de Valentinois par Louis XII, prototype du Prince de Machiavel, conquerra néanmoins la Romagne, puis Urbino et Camerino. Dépouillant les unes après les autres les grandes familles romaines, les Colonna, les Savelli, les Caëtani, les Orsini, il ne vise rien moins que la royauté sur l'Italie. Pour mener toutes ces guerres il faut de l'argent. L'année 1500 proclamée année sainte par le souverain pontife, va renforcer les finances avec les revenus du pèlerinage. Quant à la vente du chapeau de cardinal, elle rapporte de gros revenus au pape et à ses bâtards. « Offrir la pourpre à un candidat rapportait gros. L'assassiner ensuite encore davantage, tous les biens d'un cardinal revenant de droit au pape. Enfin, il y avait l'apport régulier des indulgences »


LES DUCS DE GANDIE (PRES DE VALENCE)


En 1485, le cardinal Rodrigo, futur pape Alexandre VI, acheta le Duché de Gandie pour son fils Pedro-Luis de Borja (Pedro Luis), premier duc de Gandie, la ville connut une époque de splendeur. Après la mort prématurée de Pedro-Luis de Borja, son frère Jean (Juan) lui succéda . Pedro-Luis se maria avec María Enríquez et fut assassiné alors que son frère héritait et épousait sa femme Maria Enriquez, Jean fut à son tour assassiné et son fils Jean héritait mais était encore mineur. María gouverna donc le Duché pour Jean II de Gandie en tant que régente. 

Le quatrième duc, François Borgia (Francisco) de Borja lança la construction d’une seconde enceinte défensive, et d'une école qui devint très vite l’Université de Gandie. François entra alors dans la Compagnie de Jésus en 1550 et abdiqua en faveur de son fils Charles (Carlos) de Borja. Avec Charles et son épouse Magdalena de Centelles i Folch, sœur et héritière du comte d’Oliva, Gandie devint l’une des villes les plus florissantes et les plus puissantes de la Péninsule. C'est à partir de la dernière décennie du siècle, après que Francesco de Borja i Centelles eut succédé à son père, Charles de Borja, que l'on commence à ressentir les premiers symptômes d’une crise. Des finances malades, l’endettement de la noblesse, l’expulsion des Morisques, la décadence de la culture de la canne à sucre, due à l’arrivée du sucre américain, la peste, la criminalité et la seconde guerre des Germanies, sont autant de facteurs qui feront du XVIIe un siècle critique dans l’histoire de Gandie. 

Pendant la Guerre de Succession d'Espagne, le royaume de Valence perdit ses Furs (es : Fueros, ensemble de lois spécifiques au royaume) après la bataille d’Almansa, en 1707. Les ducs de Gandia étaient depuis longtemps absents de leurs terres de la Safor, ce qui fut à l’origine d’une opposition contre la puissance seigneuriale. Au milieu du xviiie siècle, le onzième duc de Gandie, Lluís Ignasi (es : Luis Ignacio) de Borja, mourut à Madrid et le titre de duc de Gandie passa alors à ses parents les plus proches, d’abord aux Benavente, puis aux Osuna, qui conservèrent depuis ce titre.