mardi 28 janvier 2014

CYCLES DE FRESQUES A ROME : LES FASTES FARNESIENS PAR SALVIATI (1552-1556) ET LES FRERES ZUCCARI (1563)


Salon des "Fastes Farnésiens" : sous le plafond de Sangallo on distingue 
à gauche la Célébration de Paul III, 
au fond la fondation d'Orbetello, 
à droite l'Apothéose de Ranuncio-Enée Farnèse 
(du côté invisible nous verrons Pietro Farnèse combattant devant Bologne)


La Célébration de Paul III

Le mur de gauche est consacré à Paul III, en apothéose, assis entre la paix et la prospérité. A droite, se reconnaît une scène du concile de Trente dont le pape est l’instigateur. A gauche, la paix de Nice (1538) met en scène Charles Quint et François Ier.

Après la mort de Ranuce le Vieux, la politique de rapprochement de la famille avec la cour papale se poursuit. Par le mariage de Pier Luigi Seniore, fils de Ranuce avec Giovanella Caetani, fille de Onorato seigneur de Sermoneta, les Farnèse sont apparentés avec une descendante du pape Boniface VIII et donc avec une grande partie de la noblesse romaine. De ce mariage naissent cinq enfants : Angelo, Alessandro, Girolama, Beatrice et Giulia « la belle ». C'est vraiment grâce à cette « grande dame » que leurs deux enfants Giulia et Alessandro se distinguent au sein de l'aristocratie romaine.
Alexandre naît le 28 février 1468 au château de Canino. Peu de temps après, les Farnèse quittent cette résidence pour s'installer à Valentano. De 1487 à 1489, Alexandre étudie auprès de l'humaniste Pomponio Leto à Rome puis à l'Académie de Laurent de Médicis à Florence où il brille par son intelligence. En 1491, il est secrétaire et notaire apostolique et, l'année suivante, trésorier apostolique. En 1493, le pape Alexandre VI Borgia lui confère le titre de cardinal. À Rome, il n'est question que des intrigues entre le pape et Giulia « la belle », sœur d'Alexandre. Le fameux Pasquino s'enflamme contre Alexandre et Hippolyte d'Este, les deux nouveaux cardinaux avec ce quatrain : Alexandre, tu dois à ta sœur/Giulia le fait d'être cardinal, que la jupe/leva, et toi, Hippolyte, à la mère/Adriana, qui un temps fut si belle. Malgré ces médisances sa carrière ne s'interrompt pas et en 1494 il est nommé légat du Patrimoine de Saint Pierre en Tuscia. Enfin, même s'il n'est pas encore prêtre, il est nommé évêque de Corneto et Montefiascone en 1499.

Alors qu'Alexandre suit son chemin à la cour du pape Borgia, Giulia se partage entre le fief de son mari Orsino Orsini et la chambre d'Alexandre VI. Girolama est mariée à un Pucci de Florence et Angelo, l'aîné des fils de Pier Luigi Seniore (mort en 1489), assume le poste de « chef de clan » depuis le château de Valentano. En 1488, à l'occasion du mariage avec Lella, fille de Nicola Orsini de Pitigliano, leur demeure s'enrichit d'une splendide cour avec des colonnes inférieures et une loggia supérieure. Sur les chapiteaux des colonnes, outre les armes des deux familles, sont sculptés les vœux de fertilité et de prospérité du couple avec la représentation allégorique des fleurs de lys farnésiens. Angelo Farnèse meurt en 1494 à Capodimonte et Lella Orsini, pour être fidèle au serment du mariage, devient sœur recluse dans le couvent des Murate (emmurés) de Florence.

Même si Alexandre est considéré comme une créature du pape Borgia, son successeur et adversaire le pape Jules II le garde à ses côtés en le nommant légat des Marches à Ancône en 1502. Au cours de cette période, il a une relation illicite avec Silvia Rufini, veuve de Giovanni Battista Crispo avec laquelle il a quatre enfants : Pier Luigi (1503) et Paolo (1504) légitimé par Jules II, Ranuce et Costanza. En 1509, il est nommé évêque de Parme et le jour de noël de 1519, il célèbre la première messe après son ordination. Le 13 octobre 1534, à l'âge de 67 ans, après un conclave qui dure deux jours, il monte sur le trône papal avec le nom de Paul III. Le nouveau pape encourage le développement de nouvelles congrégations religieuses : l'ordre des Théatins, les Barnabites et les Orselines. Il soutient également, par la bulle papale Regimi militantis ecclesiae du 27 septembre1540, la compagnie de Jésus et la congrégation de l'Inquisition romaine, créée pour lutter avec les pleins pouvoirs contre l'hérésie. Son pontificat est entaché de népotisme, immédiatement après son élection, il nomme cardinal ses neveux Alexandre, fils de Pier Luigi, et Guidascanio Sforza, fils de Costanza. Mais sa créature préférée reste son fils aîné, Pier Luigi, marié à Gerolama Orsini de Pitigliano en 1519.

Alexandre Farnèse, fils aîné de Pier Luigi naît au château de Valentano le 7 octobre 1520. Il devient cardinal à l'âge de quatorze ans et il est immédiatement destiné à l’évêché de Parme. Les bénéfices laïcs et ecclésiastiques dont il jouit sont évalués à cinq cent mille écus par an. Cette somme importante lui permet de s’imposer dans la seconde moitié du xvie siècle comme un grand mécène. En 1539, il est envoyé en Espagne comme représentant du Saint Siège Apostolique pour négocier la paix avec le roi de France, la cession de Milan et le mariage d’une fille de Charles V. En 1541, il est nonce apostolique à Avignon et évêque de plusieurs diocèses. En 1550, il est un partisan de l'élection de Jules III qui le récompense en attribuant définitivement à son frère Octave le duché de Parme et de Plaisance. Alexandre Farnèse meurt le 4 mars 1589.


La Paix de Nice entre Charles Quint et François Ier (1538)

La Paix de Nice également appelé Trêve ou Congrès de Nice est un traité signé le 18 juin 1538 dans le couvent des Franciscains de la Sainte-Croix, situé hors les murs de la forteresse niçoise, par le roi François Ier et l'empereur Charles Quint, pour mettre fin à la huitième guerre d'Italie.

Ce traité, acquis grâce à la forte implication du pape Paul III, prévoit que la France conserve ses conquêtes - la Bresse, le Bugey et une grande partie du Piémont - et l'Empire germanique devient maître de la totalité du Milanais et des deux tiers du duché de Savoie. Une trêve de dix ans est alors décrétée entre les deux belligérants. Elle est suivie de l'entrevue d'Aigues-Mortes, les 14 et 15 juillet 1538, au cours de laquelle les deux souverains se réconcilient officiellement.

À l'emplacement de l'ancien couvent, aujourd'hui disparu, à hauteur du n°27 de la rue de France à Nice, s'élève un monument protégeant une grande croix sur lequel on peut lire l'inscription : « Signum. Hoc. Crucis. Dedicarunt. Nibilis. Melchio. Maletus. Marius Baldoinus. Manuel. Gerbonus. iac. Rus. Cigia. Coss.e.n. Dnlshoronatus Grimaldus. Richerus. Assesor. Anno 1558 Die 4 Martis.e.e. »


L'Apothéose de Ranuccio-Enée

Face à la cheminée, est présenté l’archétype du héros Farnèse, Ranuccio l’Ancien qui, à la tête des troupes papales, acquiert les terres familiales (Ranuccio recevant le bâton de commandement du pape, victoire des troupes menées par les Farnèse sur les Pisans).


Ranuccio l'Ancien, allégoriquement Enée, fondateur de Rome, 
recevant de Vénus les armes forgées par Vulcain

Au xve siècle, on assiste à une montée en puissance de la famille si bien que le territoire placé sous leur influence s'étend jusqu'au bord occidental du lac de Bolsena, y compris les deux îles, Martana et Bisentina, et la bande de territoire comprise entre les collines Vulsini et la mer, jusqu'à Montalto. Le promoteur de cette nouvelle expansion est Ranuce Farnèse le Vieux, fils de Pietro et frère de Bartolomeo, souche de la branche de Latera. Ranuce, déjà en 1408, possède le vicariat de Latera. En 1416, Sienne le nomme capitaine général de l'armée contre le comte de Pitigliano, un Orsini. Avec la victoire de 1417, Ranuce est nommé sénateur de Rome. En raison de l'amitié avec la famille Colonna et en particulier avec Martin V, il reçoit le château de Piansano, puis grâce aux faveurs du pape Eugène IV, il accumule des richesses importantes prenant possession des terres de Valturano, de Latera, le château de Marta, de Montalto, une partie des territoires de Tessennano, Canino et Gradoli entre 1431 et 1436. En 1434, le même pape lui confère les insignes de la rose d'or et le gonfalon de l'Église. Ranuce épouse Agnese Monaldeschi et, parmi leurs nombreux enfants, on peut citer : Pier Luigi (Pierre Louis), Gabriele Francesco (Gabriel François) qui par la suite épouse Isabella Orsini, à l'origine de la branche qui continue l'action militaire de la famille, branche qui s'éteint à la troisième génération. Ranuce meurt le 10 août 1450.

Après la mort de Ranuce le Vieux, la politique de rapprochement de la famille avec la cour papale se poursuit. Par le mariage de Pier Luigi Seniore, fils de Ranuce avec Giovanella Caetani, fille de Onorato seigneur de Sermoneta, les Farnèse sont apparentés avec une descendante du pape Boniface VIII et donc avec une grande partie de la noblesse romaine. De ce mariage naissent cinq enfants : Angelo, Alessandro, Girolama, Beatrice et Giulia « la belle ». C'est vraiment grâce à cette « grande dame » que leurs deux enfants Giulia et Alessandro se distinguent au sein de l'aristocratie romaine.


Bataille contre les Pisans (1362)
Pietro Farnèse (1310-1363), capitaine de l'armée pontificale 
et capitaine général de l'armée florentine
et son fils Ranuccio (1350-1415)

En 1362, le sénat de Rome lui envoie des Florentins pour l'aider, ceux-ci le nomment capitaine de l'armée pour combattre les pisans. Le condottiere engage un bataille décisive, bat les pisans et fait une entrée triomphale dans Florence. La ville commande à Jacopo Ortagna un monument commémoratif pour Santa Maria del Fiore afin de le remercier. En 1363 à Castelfiorentino, il est atteint par la peste et meurt. Dix sept ans plus tard, les ouvriers de la Cathédrale de Santa Reparata chargent les peintres Angelo et Giuliano Gaddi d'orner de peintures la sépulture de Pietro Farnèse.






La Fondation légendaire d'Orbetello (996)

En 996, un certain Pietro Farnèse est commandant de la cavalerie pontificale et, en 1110, il bat les armées gibelines de Toscane et il fonde très probablement le bourg de Orbetello. 


Couple de musiciens (détail)


Pietro Farnèse combattant devant Bologne en 1360

En 1362, Pietro Farnèse est capitaine général des florentins lors de la guerre contre Pise pour le contrôle de Volterra. Il remporte la victoire et un monument équestre est érigé en son honneur à Santa Maria del Fiore. Après sa mort l'année suivante, il est inhumé dans un sarcophage dans la même église.

À Orvieto en 1338 Pietro Farnèse, avec son père Nicola, se range au côté des Monaldeschi della Vipera contre les Monaldeschi della Cervara et est déclaré rebelle. À son retour à Orvieto, en 1345, il devient capitaine général de l'armée et commande 5 000 fantassins lors du siège de Castiglion Fiorentino.

En 1352 il s'allie avec les Monaldeschi della Cervara pour rentrer dans Orvieto dont la seigneurie a été cédée au pérugiens de Guido Orsini en 1348. En février de cette même année, avec Cataluccio da Bisenzio, il réussit à entrer dans la ville où il tue Benedetto Monaldeschi della Vipera, mais est repoussé par une contre-attaque de Pepo Monaldeschi del Cane. 

En 1354, il se met au service du cardinal Egidio Albornoz à Milan pour combattre le rebelle gibelin Barnabé Visconti. En novembre 1355, il est nommé capitaine de l'armée pontificale et il reçoit, dans la Marche d'Ancône, la moitié du fief d' Onano. En 1359, toujours au service de Albornoz, il dirige les opérations contre Forlì et Forlimpopoli, qui sont enlevées au mois de juillet. L’année suivante Giovanni Visconti d'Oleggio, seigneur de Bologne, entre en guerre avec Barnabé Visconti, mais ne pouvant le vaincre, il cède la ville à Albornoz qui envoie Pietro Farnese en prendre possession. En 1361, il doit procéder à la récupération de Lugo, Bagnacavallo et Solarolo mais en juin il est obligé de retourner défendre Bologne, menacée de nouveau par Barnabé. Le mois suivant, les armées de Visconti sont vaincues.


Détail de la bataille de Bologne 1360