jeudi 6 février 2014

CYCLE DE FRESQUES EN TOSCANE : CONSTANTIN ET LA "LA LEGENDE DE LA VRAI CROIX" (PAR PIERO DELLA FRANCESCA)


La chapelle de la Légende de la Vrai Croix


Episode 1 : Adam mourant, son fils Seth place dans sa bouche une graine de l'Arbre de la Connaissance donnée par un ange. Le bois de l'Arbre de Vie sera utilisé pour tailler la Sainte Croix qui rachetera le péché originel.

Selon une tradition médiévale, remontant à l'Évangile apocryphe de Nicodème, reprise au XIIIe siècle dans la Légende Dorée du dominicain Jacques de Voragine, la Croix du rédempteur fut taillée dans le bois de l'arbre ayant poussé sur la tombe d'Adam, traditionnellement localisée à Jérusalem, sur l'emplacement même de la crucifixion. Or, cet arbre n'est autre que celui qui a poussé à partir d'une graine de l'Arbre de la Vie, semée dans la bouche d'Adam après sa mort par son fils Seth. C'est l'archange Michel qui l'a apportée à Seth depuis le paradis terrestre afin de permettre à terme le rachat du péché originel. En effet, le Christ est également désigné comme le « nouvel Adam » par saint Paul, qui rachète le péché introduit dans le monde par le premier homme.


Episode 2/3/4 : La Reine de Saba reconnait le bois de l'Arbre de Vie utilisé par Salomon pour fabriquer un pont sur le fleuve Siloe et averti le roi Salomon que ce bois serait attaché à un homme qui mettrait fin du Royaume des Juifs. Il se passera ensuite les événements de la Passion et les trois croix (celle du Christ et celles des larrons) seront selon la légende jetées dans un fossé, près des remparts de Jérusalem à quelques mètres du Golgotha.

L'arbre ayant poussé sur le tombeau d'Adam est alors abattu sur ordre du roi Salomon pour servir de bois d'œuvre. Destiné d'abord à la construction du Temple, il est finalement affecté à celle d'un pont, celui de Siloé. La reine de Saba, rendant visite à Salomon, s'agenouille devant cette poutre de bois, avec la prémonition qu'il servira à fabriquer la croix de la passion de Jésus. La reine aurait écrit à Salomon pour lui dire qu'à ce bois serait un jour attaché l'homme dont la mort mettrait fin au royaume des Juifs. Touché par cette prémonition, Salomon ordonne alors aux ouvriers de retirer le bois sacré du pont sur le Siloé et de l'enfouir profondément sous terre. Et, à l'endroit où l'arbre était enfoui, se forma plus tard la piscine probatique : si bien que l'eau guérissait les malades.


Episode 5 : Constantin est averti en songe par un ange qui lui montre le symbole de la croix qui lui permettra de vaincre le paganisme.

 In hoc signo vinces ("Par ce signe du Vaincras"

Selon une légende, Constantin Ier a choisi la phrase grecque « εν τούτῳ νίκα » comme devise après avoir une vision du chrisme () dans le ciel un peu avant la bataille du pont Milvius qui s'est déroulée en 312. Selon l'idée généralement reçue, le monogramme du Christ comporterais les deux premières lettres du nom du Christ en grec. De la même façon, certains y voient deux lettres P et X pour le latin « Pax », il est souvent fait référence au sujet du monogramme comme d'un signe de paix évident. 

La symbolique utilisée ici est plus ancienne que le christianisme, et peut être retracée au-delà des périodes Araméenne et sumérienne. Elle plonge ses racines profondes jusqu'à l'Égypte antique, plusieurs millénaires avant l'ère de Christ. En voici la signification primaire : L'ensemble du symbole représentent la course et la position du soleil à son Zénith au cours d'une année de 365 jours. Les deux diagonales représentent les symboles des solstices d'hiver et d'été. La ligne horizontale est l'horizon terrestre. la ligne verticale représente le « Chemin Vertical », soit la ligne de vie spirituelle. La partie arrondie (en courbe) du P est la représentation simplifiée de l'astre solaire. Le Chrisme, aussi appelé Chi-Rô, et parfois croix des équinoxes, est en principe accompagné de deux lettres grecques, Alpha et Oméga, symbolisant la naissance et l'infini.

Les Chrétiens, pour qui ce symbole est le sceau du Roi, lui donnent le sens du souffle de Dieu, le feu purificateur éternel et bienfaisant , aussi appelé Phoenix dans la culture moderne. Notion que l'on retrouve aussi dans l'abréviation INRI, présente sur de nombreux crucifix, du latin « Ignis Natura Renovatur Integra » (« Le feu sans cesse rénove la Nature »). On a donné encore d'autres sens à ce très vieux symbole, dont on peut estimer la création au moment de la naissance de la géométrie sacrée, à l'époque de l'Égypte antique, notamment avec le Soleil de Louxor1, dont il semble du moins inspiré, sinon l'un des descendants directs. Au cours du Moyen Âge en France et plus particulièrement dans son Sud-Ouest dans toute la région de l'Occitanie, les architectes des châteaux de tradition Cathare se sont servi de ce symbole comme d'un plan de construction afin d'orienter l'élévation des donjons et la position des fenêtres de manière à ce que les rayons solaires traversent de part en part (littéralement) les châteaux au moment des solstices d'hiver et d'été, en utilisant des règles de calcul géométriques et spatiales très strictes quand à la forme et aux dimensions utilisées pour leur constructions. Pierre-Joseph Proudhon, dans son livre de 1852 La Révolution sociale démontrée par le coup d’État, propose à Louis-Napoléon Bonaparte qui était encore président de la Deuxième République de prendre pour emblème impérial l'équerre et le compas maçonniques, sur cette devise.


Episode 6 : Victoire de Constantin sur Maxence lors de la Bataille du pont Milvius (312) et fin du paganisme

La bataille du pont Milvius opposa le 28 octobre 312 l'Auguste de l'Ouest Constantin à Maxence. La victoire de celui qui allait devenir l'empereur de Rome Constantin le Grand consacre le début d'une nouvelle ère pour l'Empire tout entier. Constantin fut accueilli à Rome et proclamé unique Auguste romain d'Occident, mais toujours coempereur aux côtés de Maximin et Licinius. Il crédita sa victoire au nom du Dieu des Chrétiens, dont il interdit la persécution sur les territoires qu'il dirigeait, prolongation d'une politique appliquée depuis 306 dans les provinces de Gaule et de Bretagne. Sous sa protection, la foi chrétienne se propagea sans être inquiétée.


Episode 8 : Découverte de la Vrai Croix par l'Impératrice Hélène (mère de Constantin) 
épisode de "L'invention de la Croix"

Selon des récits légendaires qui apparaissent à partir des années 350, soit une dizaine d'années après la mort de Constantin, c'est sainte Hélène, la mère de l'empereur, qui aurait découvert la Croix de Jésus lors d’un pèlerinage en Palestine entrepris en 326. Le bois de la croix fut découvert sur le lieu du calvaire, après que l'on fit détruire le temple de Vénus bâti par Hadrien, afin d'y ériger la basilique du Saint-Sépulcre. D'après l'emplacement des reliques dans l'Église du Saint-Sépulcre actuelle (Chapelle de l’invention de la Croix), cette inventio aurait eu lieu à 24 mètres de la tombe supposée du Christ, le martyrium de la basilique de Constantin érant érigé au-dessus de cette découverte. C'est au cours du chantier que trois croix auraient été trouvées. Un miracle (ou une inscription, selon les versions), aurait permis de distinguer la croix du Christ de celles des deux larrons.

En 395, l'évêque de Milan saint Ambroise précise qu'Hélène aurait retrouvé les croix dans une ancienne citerne, et qu'elle aurait reconnu celle du Christ grâce à son inscription : « Jésus de Nazareth, roi des Juifs. » Une version identique est rapportée par saint Jean Chrysostome à la même époque.

La légende prend alors de l'ampleur. L'historien Sozomène (début du ve siècle) et d’autres auteurs comme Théodoret de Cyr (même époque) précisent que les reliques furent partagées entre plusieurs églises du monde chrétien, tout particulièrement Rome et Constantinople. En effet, d'autres églises que celle du Saint-Sépulcre commencent à revendiquer la possession de fragments de la relique. On explique ainsi que la sainte impératrice aurait installé un fragment du bois de la Croix dans le palais construit par son fils Constantin dans sa nouvelle capitale, Constantinople ; elle aurait par la même occasion retrouvé les clous par lesquels le Christ avait été crucifié, autre relique revendiquée par la capitale impériale. De même, en partance pour Rome, la mère de Constantin aurait emporté avec elle d’importants morceaux du bois sacré et d'autres reliques ayant trait à la Passion du Christ. Elle aurait placé les reliques dans son palais, appelé « palais Sessorien », et serait morte peu de temps après.

Au début du ve siècle, Rufin d'Aquilée rapporte les circonstances de la découverte dans un récit considéré comme classique, et qui représente en quelque sorte l'aboutissement de l'élaboration de la légende :


« Hélène vint à Jérusalem, inspirée par Dieu. Un signe céleste lui indiqua le lieu qu’elle devait creuser. Elle en retira trois croix, celle du Christ et celles des deux larrons. Hélène demeura perplexe car comment reconnaître parmi elles le bois sur lequel Jésus avait subi sa douloureuse agonie ? Macaire, l’évêque de Jérusalem, qui assistait l’impératrice dans ses recherches, demanda qu’on amenât sur une civière une femme mourante. Au contact de la première croix, la moribonde demeura insensible : la seconde croix elle aussi, ne produisit aucun effet, mais à peine la femme eut-elle touché la troisième qu’aussitôt elle se leva et se mit à marcher avec entrain et à louer Dieu. Ce miracle permit ainsi de distinguer la vraie croix. Hélène fit trois parts de cette croix, l’une destinée à Jérusalem, la seconde à Constantinople, la troisième à Rome. »

Dans les siècles suivant la diffusion des récits concernant l'Invention de la Croix, le culte se développe dans plusieurs points du bassin méditerranéen, en particulier à Jérusalem et à Constantinople.

La Palestine reste relativement paisible jusqu'au viie siècle. Mais en 614, Jérusalem, centre de pèlerinage chrétien, tombe aux mains des Perses (l'empereur Chosroès II), en guerre alors contre l'Empire romain d'Orient (ou Empire byzantin). Les Perses emportent avec eux, dans leur butin, la Vraie Croix ainsi que plusieurs autres reliques. Ils conservent les reliques car elles représentent une véritable « monnaie d'échange » en cas de négociations avec Byzance.


Episode 9 : Bataille entre l'empereur byzantin Héraclius et le roi de Perse sassanide Khosro II qui avait dérobé à Jérusalem la Vrai Croix (627)

Fils de Hormizd IV († 590) et petit-fils de Khosro Ier († 579), Khosro II est mis sur le trône par les grands qui se sont rebellés contre son père au printemps 590, lequel est peu après aveuglé et tué. Mais dans le même temps, le général Bahram Chûbin se fait proclamer roi sous le nom de Vahram VI (590–591), et Khosro II est incapable de se maintenir. Khosro II fuit en Syrie et persuade l'empereur Maurice Ier (582–602) de Byzance de lui envoyer de l'aide contre la promesse d'avantages territoriaux. Ainsi Khosro II pénètre-t-il en territoire perse appuyé par une armée byzantine, renforcée de contingents arméniens et de loyalistes sassanides. Après de durs combats, Bahram Chûbin est vaincu près de Ganzak (Azerbaïdjan actuel). Khosro II, et avec lui la dynastie sassanide, retrouve son trône, l’intermède de Bahram Chûbin n’ayant duré qu’une année. Le Roi des rois fraîchement rétabli honore ses promesses, et l’Empire byzantin retrouve ses frontières orientales de 502.

Masis Khosro II est inférieur à son grand-père. Il est hautain et cruel, avare et porté sur la luxure ; il n'est ni un général, ni un administrateur. Au début de son règne, il favorise les chrétiens. Mais en 602, quand Maurice Ier est assassiné par Phocas (602–610), il commence une guerre contre Byzance sous le prétexte de venger sa mort. Au cours de la première phase du conflit de 603 à 610, ses armées pillent la Syrie et l'Asie Mineure, et elles poussent même jusqu'à Chalcédoine sur la mer de Marmara en 608.

La seconde phase de la guerre s'étend de 610 à 621. En 612, les Perses avancent en Cappadoce jusqu'à Césarée. En 613, ils battent les Byzantins près d'Antioche et occupent la Syrie et Damas. En mai 614, Jérusalem est prise par le général Schahr-Barâz et la Sainte Croix est ramenée en triomphe. Peu après en 616, même l'Égypte est conquise. Les Byzantins n'offrent que peu de résistance, puisqu'ils sont préoccupés par des tensions internes, et pressés par les Avars et les Slaves. En définitive, en 622, l'empereur Héraclius (qui a succédé à Phocas en 610 et qui règne jusqu'en 641) est en mesure d'avancer en ordre de bataille. 

Il met en œuvre une audacieuse stratégie qui consiste à prendre l'Empire perse à revers par le nord.
Héraclius passe à l'offensive pendant la troisième phase de la guerre entre 621 et 628. Il débarque sur les côtes de la mer Noire et, après avoir conclu une alliance avec le khan des Khazars, il entre en 624 dans la Médie du nord, où il détruit le grand temple du Feu de Gandzak ; en 626, il se bat au Lazistan (Colchide) et avec ses alliés khazars, il prend Tiflis, la capitale de l'Ibérie ; pendant ce temps, le général Schahr-Barâz qui avait dérobé la Sainte Croix, s'avance jusqu'à Chalcédoine et essaie, en vain, uni avec les Avars, de conquérir Constantinople. Le 12 décembre 627, Héraclius est vainqueur de l'armée perse à la bataille de Ninive et avance vers Ctésiphon. Khosro II s'enfuit alors de sa résidence favorite, Dastagei (près de Bagdad), sans offrir de résistance.

Khosro II tente de transmettre le pouvoir à l'un de ses fils cadets, Mardânshâh, né de son épouse préférée Chirîn, une chrétienne monophysite, et fait emprisonner ses autres fils. Comme son despotisme et son indolence ont fait naître une opposition partout, son fils aîné, Shirôyé, est libéré par des grands du royaume et proclamé roi le 25 février 628. Quatre jours après, Khosro II est tué dans son palais (29 février 628). Entre temps, Héraclius rentre triomphant à Constantinople, la Sainte Croix est restituée l'année suivante (629) et l'Égypte est évacuée. Au contraire, l'Empire perse, de sa grandeur atteinte dix ans auparavant, commence à sombrer dans l'anarchie.


Episode 10 : Retour de la Croix à Jérusalem et adoration des croyants.

L'empereur byzantin Héraclius Ier, vainqueur des Perses à Ninive en 627, force le successeur de Chosroès II (sa fille l'impératrice Bûrândûkht) à signer un traité de paix, et obtient la restitution de la Croix. Il rapporte alors la relique à Jérusalem, la porte solennellement au Calvaire et restaure l'église du Saint-Sépulcre. Cette cérémonie est célébrée dans la liturgie catholique et orthodoxe le 14 septembre, sous le nom d'Exaltation de la Sainte Croix.

Quelques années seulement après la réinstallation triomphale de la Croix à Jérusalem commence la conquête arabe, qui fait passer Jérusalem sous domination musulmane. L'Empire romain d'orient perd la Palestine en 638. Le culte de la sainte Croix continue à Jérusalem, mais il s’intensifie surtout dans les territoires restés chrétiens, et tout particulièrement à Constantinople.

Cette même année, deux autres reliques de la Passion, la Sainte Éponge et la Sainte Lance sont récupérées par le patrice Nicétas, qui les envoie à Constantinople, la capitale de l’Empire, où elles sont solennellement montrées au peuple rassemblé dans la basilique Sainte-Sophie le jour de la fête de l’Exaltation de la Croix. C’est là un épisode de cette longue « migration des reliques de la vie de Jésus », de Jérusalem vers Constantinople et au-delà. La capitale byzantine, au même titre qu'elle était devenue la « nouvelle Rome » depuis Constantin, prenait désormais l’aspect d’une « nouvelle Jérusalem ». L'église de la « Vierge du Phare », située au cœur du palais impérial, abrite ainsi de nombreuses reliques de la Passion : la Sainte Lance ayant percé le flanc du Christ, les clous ayant servi à l’attacher à la Croix, la couronne d’épines ou encore l’éponge utilisée pour abreuver Jésus de posca.

À Jérusalem, le culte de la Sainte Croix continue d'abord sans grandes difficultés, même si les pèlerins sont nécessairement moins nombreux. Les musulmans accordent en effet aux chrétiens de la ville la possibilité de conserver leurs sanctuaires et de pratiquer leur culte jusqu'au xe siècle où des difficultés surgissent. Face aux persécutions du calife fatimide al-Hâkim, les chrétiens de Jérusalem doivent, en 1009, cacher le fragment de la sainte Croix conservée jusque là au Saint-Sépulcre. Elle serait restée dissimulée pendant quatre-vingt dix ans.

En 1099 les croisés de Godefroy de Bouillon prennent Jérusalem et établissent les royaumes croisés de Terre Sainte. Le fragment de la Vraie Croix caché en 1009 est miraculeusement redécouvert et réinstallé avec honneur dans la basilique du Saint-Sépulcre. Les pèlerins viennent en masse se prosterner devant elle. Elle devient alors le symbole du royaume croisé de Jérusalem : les Croisés l'emmènent en effet au-devant de l’ennemi à chaque bataille.

En 1187, Saladin remporte sur les Croisés la bataille de Hattin. Il met alors la main sur la Sainte Croix, que le roi Guy de Lusignan avait emportée avec lui au combat. Jérusalem tombe peu après aux mains de Saladin. À la nouvelle du désastre, le pape Urbain III serait mort sur le coup. Ce fragment de la Vraie Croix disparaît alors : l’histoire en perd désormais la trace, et il n’a jamais été retrouvé.

En 1203, une nouvelle croisade (la quatrième) est prêchée par le pape Innocent III dans le but de reprendre Jérusalem. Elle est cependant détournée vers Constantinople, à l'instigation des Vénitiens, qui assuraient le transport des croisés sur leurs vaisseaux, la République de Venise trouvant là l'opportunité de détruire la puissance de Constantinople, concurrente commerciale dans la Méditerranée. Les croisés se retournent contre leur ancien allié. La ville est prise d’assaut le 12 avril 1204, et mise à sac durant trois jours. Néanmoins les reliques de la chapelle palatine du Phare, dont le fragment de la Croix conservé à Constantinople, échappent pour un temps à leur convoitise et au pillage. Elles sont attribuées en partage à l’empereur Baudouin VI de Hainaut que les Croisés élisent parmi leurs chefs et placent à la tête du nouvel empire qu’ils fondent alors, l’« Empire latin de Constantinople ».

Mais cet empire est fragile et artificiel, menacé de toutes parts, toujours au bord de la faillite financière : cela oblige les empereurs latins à se résoudre à mettre en gage auprès des Vénitiens, puis à leur céder, les derniers trésors qui leur restent, notamment les reliques de la chapelle impériale du Phare. Si la Sainte Croix, comme les autres reliques christiques, témoignait de la ferveur religieuse des rois, elle servait surtout à assurer la légitimité de leur pouvoir auprès du peuple.

En atteste l'intérêt de saint Louis pour ces dernières. En 1238, il rachète aux Vénitiens une partie des reliques gagées par l'empereur latin de Constantinople, dont la couronne d'épines. Le 30 septembre 1241, la Vraie Croix et sept autres reliques du Christ, notamment le « Saint Sang » et la « Pierre du Sépulcre » sont acquises. Enfin, en 1242, neuf autres reliques, dont la « Sainte Lance » et la « Sainte Éponge » venaient rejoindre les précédentes.

Pour accueillir l'ensemble des reliques, dont le fragment de la Croix, le roi fait construire et consacrer en 1248 la « Sainte-Chapelle », un lieu sacré au centre de Paris, dans l'île de la Cité, au cœur du palais royal (l'actuel Palais de Justice). À la Sainte-Chapelle, à l’intérieur de la chapelle haute, la Sainte Croix et les autres reliques venues de Constantinople sont enfermées jusqu’à la Révolution dans une « Grande Châsse » monumentale d’orfèvrerie, haute de plus de trois mètres. La Croix à double traverse, haute de près d’un mètre à elle seule, avait été retirée de son écrin byzantin. Afin qu'elle pût être visible de tous, elle avait été entièrement revêtue de cristal, recouverte à l’intérieur de dorures et sertie de perles et de pierres précieuses.

La Révolution marque la disparition de cette relique. En effet, le 25 avril 1794, la Vraie Croix est dépouillée des matières précieuses qui l’ornaient et sa trace se perd. Néanmoins il reste des reliques du bois de la Croix et un clou de celle-ci dans le Trésor de la sacristie de la cathédrale Notre-Dame de Paris.


Détails du culte de la Sainte Croix

La scelta del soggetto è legata alla lunga tradizione di adorazione della Croce negli ordini francescani; la visione del Cristo sulla Croce da parte di Francesco d'Assisi era stata infatti il culmine della sua vita religiosa, premiandolo con il contrassegno delle celebri stimmate, per la prima volta nella storia cristiana.