mercredi 23 juillet 2014

LA CITE GRECQUE D'ANTIOCHE SUR L'ORONTE ET LES VILLAS ROMAINES DE DAPHNE


VUES ROMANTIQUES D'ANTIOCHE AU XIXe SIECLE


LA MURAILLE D'ANTIOCHE


LES ENVIRONS D'ANTIOCHES SONT CELEBRES POUR SES CHUTES D'EAU


RUINES DES EPOQUES ANTIQUES

Fondée vers 300 av. J.-C. par Séleucos Ier Nicator après sa victoire d'Ipsos sur Antigone le Borgne, il l'appelle Antiocheia (en grec Ἀντιόχεια) en souvenir de son père Antiochos. La ville connaît un essor démographique rapide car elle est créée par synœcisme de plusieurs villages avoisinants (Lopolis, Jope, Meroe et Bottia) et surtout de 3 500 familles macédoniennes et grecques déplacées d'Antigonie, l'ancienne capitale de son rival située 9 km en amont sur l'Oronte. Bâtie initialement en retrait de la rive gauche du fleuve en raison des risques d'inondations et conçue sur un plan hippodamien à l'image d'Alexandrie dont elle se veut la concurrente dans la région, Antioche devient l'une des grandes villes de l'époque. Les immigrants et en particulier, fait rare, les Juifs, y obtiennent les mêmes droits que les autres habitants.

Légende tardive ou souvenir d’un rite barbare, Jean Malalas1 explique que la fondation d’Antioche est marquée par un sacrifice humain, celui d’une jeune fille nommée Aimathè. Elle est alors considérée comme une déesse, la Tyché (la Fortune), et son sanctuaire fondé par Séleucos devient l’un des plus importants de la cité. Le roi commande une statue au sculpteur Eutychidès de Sicyone, œuvre monumentale qui va devenir une des plus célèbres du monde grec : elle représentait la jeune fille voilée, couronnée de tours, tenant à la main des épis de blé, assise sur un rocher qui symbolise le mont Silpios ; à ses pieds apparaît à partir de la taille un jeune nageur étendant les bras, et représentant l’Oronte. Le roi fonde aussi d’autres sanctuaires pour la ville nouvelle : celui de Zeus Bottaios, un dieu macédonien, et dans les environs un temple d’Athéna avec une belle statue de bronze pour les colons Athéniens venus d’Antigonéia, ainsi qu’un bois sacré de cyprès à proximité du Daphneion, le « Sanctuaire du Laurier » consacré à Apollon, sur les hauteurs de Daphnè au sud-ouest.

Particulièrement bien située, à la charnière des voies conduisant vers l'Anatolie, la Mésopotamie et la Palestine, et sur l'Oronte alors navigable, Antioche devient la capitale du royaume séleucide et l'un des principaux centres de diffusion de la culture hellénistique. La ville se pose très tôt en rivale d'Alexandrie.

La cité compte de 300 000 à 400 000 habitants à la fin de la période hellénistique. 

(...)

Antioche est l'un des premiers appuis du christianisme naissant. Une communauté de fidèles du Christ s'y développe dès les premières années du christianisme et, selon les Actes des Apôtres (11, 26), c'est là que les disciples de Jésus reçoivent pour la première fois le nom de « chrétiens ».

Antioche est, très tôt, le siège d'un des patriarcats chrétiens d'Orient se réclamant de l'apostolat de saint Pierre, dont la tradition fait le premier évêque de la ville. Selon une tradition tardive, la légende dorée, l'apôtre saint Pierre est son premier évêque après avoir converti son prince. Au début du IIe siècle, l'Église d'Antioche est déjà extrêmement organisée, avec saint Ignace pour évêque depuis l'an 69. Vers 270, les chrétiens d'Antioche se divisent, certains soutenant leur évêque très controversé Paul de Samosate tandis que d'autres font appel à l'arbitrage de l'empereur Aurélien pour le chasser de sa résidence épiscopale. Au IVe siècle, l'Église d'Antioche est considérée comme la plus importante de la chrétienté après Rome et Alexandrie. Elle est l'une des premières villes de l'empire à construire une importante cathédrale (entre 327 et 341) avec coupole et mosaïques qui conservait les reliques de saint Julien d'Antioche.

L'importance religieuse d'Antioche diminue progressivement avec la montée de Constantinople et l'érection de Jérusalem en patriarcat. De plus, l'Église d'Antioche est affaiblie par les hérésies arienne (Concile d'Antioche de 324), puis nestorienne et monophysite.

Aux IVe et Ve siècles, une brillante école théologique participe aux controverses théologiques de l'époque en soutenant en particulier l'interprétation littérale des textes de la Bible. Ses principaux représentants sont Diodore de Tarse, Théodore de Mopsueste, Théodoret de Cyr et surtout Jean Chrysostome. Ils s'opposent principalement à l'école d'Alexandrie qui soutient l'interprétation allégorique de ces textes.

La cité est détruite en grande partie par un terrible tremblement de terre en 526, lequel aurait fait plus de 250 000 victimes, puis prise et pillée de nouveau par les Perses en 540 qui déportent une grande partie de sa population dans les environs d'Ecbatane. La ville est reconstruite par Justinien qui élève une nouvelle muraille, mais sur une superficie plus réduite, et la refonde sous le nom de Théoupolis (Cité de Dieu).

Reprise par les Perses Sassanides en 614, elle est un temps reconquise par Héraclius, avant d'être prise par les Arabes en 638, sous le califat d'Omar. Antioche redevient byzantine en 966 lors de la phase de reconquête entreprise par Nicéphore Phocas. Mais un siècle plus tard, en 1084, les Turcs seldjoukides s'en emparent.

La ville est conquise par les croisés le 2 juin 1098. Ils en font la capitale d'une principauté au profit de Bohémond Ier de Tarente, fils aîné de Robert Guiscard. Cette principauté décline assez rapidement et se limite assez vite aux faubourgs d'Antioche. La ville est finalement reprise par le sultan mamelouk Baybars en 1268. Sa chute annonce alors la fin de la domination chrétienne en Syrie.

(source : wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Antioche)




QUALITE DU SAVOIR FAIRE DES ARTISANS D'ANTIOCHE


LES MOSAÏQUES ROMAINES RETROUVEES AUX ENVIRONS D'ANTIOCHE DANS LES THERMES


RECONSTITUTION D'UNE PARTIE DE LA VILLE ROMAINE