1 mars 2021

LA VILLA D'ESTE (JARDIN DES HESPERIDES)











La fatigue n'a jamais gagné Hercule, ni le doux plaisir l'âme du chaste Hippolyte. Par souci de ces deux vertus (force et chasteté), Ippolito (d'Este) consacre ces jardins à Hercule et Ippolito.

Les pommes d'or qu'Hercule a volées (dans le jardin des Hespérides) au dragon endormi appartiennent désormais à Ippolito (d'Este), qui, conscient de cela, voulait que ces jardins soient consacrés à l'auteur du don (Ercole) .

Cette dédicace de Marc-Antoine Muret (1526-1585), humaniste raffiné et grand ami du cardinal Ippolito d'Este, permet d'identifier les thèmes directeurs sur lesquels se développe la symbolique des Jardins de la Villa D'Este à Tivoli.

La légende, tirée de la mythologie grecque, raconte comment, parmi les douze travaux imposés à Hercule par Eurysthée, le onzième consistait à conquérir des pommes d'or conservées dans un jardin par les Hespérides (les nymphes de l'Égle, d'Aréthuse et d'Ipertuse) et par le dragon cent dirigé Ladone.

Hercule est un héros mythologique cher à la ville de Tivoli, vénéré depuis l'antiquité dans le temple voisin d'Hercule Victor et à la famille Este, qui, comme de coutume chez les rois de l'antiquité, attribuait l'origine de leur généalogie à Hercule et Galatée.

Dans les armoiries d'Este apparaissent, en effet, les pommes d'or conquises par Hercule, sous la protection de l'aigle.

Le jardin de la Villa d'Este lui-même est, idéalement, le Jardin des Hespérides, dans lequel Ercole entreprend un voyage à travers sa propre intériorité pour s'élever à une connaissance supérieure.


A côté d'Hercule, Vénus est un autre sujet dominant, en l'occurrence une Vénus Génératrice, compte tenu des connexions, ainsi qu'avec la Sibylle et Diane Ephèse, avec l'élément eau et la grotte, la grotte qui accueille la vie primordiale.

Vénus est aussi la mère de l'Harmonie: le néophyte sera accompagné du son harmonique de l'eau, du murmure qui fait allusion au Parnasse, le lieu enchanté où le murmure des eaux a permis l'épanouissement des arts et qu'Apollon et les Muses ont fait ne veux pas partir. Vénus comme principe de vie, dans un cycle pérenne, qui voit l'eau sortir de la terre pour se jeter dans la mer puis, sous la vapeur et la pluie, retourner dans l'utérus bien-aimé.

Cycle de vie, représenté à l'intérieur de la Villa à partir de Pégase, le cheval ailé mythique, symbole des nuages, qui du Parnasse fait jaillir les eaux d'un coup de sabot qui, à son tour, se divisent en trois rivières Tiburtini (Anio, Albuneo et Erculaneo) qui sont collectés dans le bassin de la fontaine Tivoli ou Ovato d'où ils bifurquent et, à travers la Viale delle Cento Fontane, se jettent dans le Tibre en direction de Rome, représentée par la Rometta. La fontaine de Neptune (dieu de la mer), selon le projet original de Pirro Ligorio, aurait dû se trouver

au bout de la Peschière pour accueillir le Tibre, symboliquement dans la mer, pour que les eaux, en s'évaporant, puissent

commencer leur cycle de nouveau.

Malheureusement, la conception initiale du jardin a subi quelques changements, qui ont altéré le symbolisme unitaire et la vision de la Renaissance, remplacé, pendant la Contre-Réforme, par des sujets plus sévères, conformément aux nouveaux canons.

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